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La Fédération du e-commerce renvoyait les internautes sur un site chinois douteux

L’Informé a découvert une faille de sécurité affectant le site de médiation de la Fevad. Il redirigeait les internautes vers un obscur site de vente en ligne.

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ภัทรชัย รัตนชัยวงค์ - stock.adobe.com

Imagine-t-on un policier inciter des citoyens à faire leurs achats auprès de vendeurs à la sauvette ? Toutes proportions gardées, c’est un peu ce qui vient de se produire en matière de commerce en ligne. Les internautes cherchant à se connecter sur le site du médiateur de la Fédération du e-commerce (Fevad) pouvaient atterrir sur un obscur site de vente aux limites de la légalité, répondant au nom de Moilora. Ce médiateur, qui intervient justement pour aider à régler les litiges des internautes avec les vendeurs en ligne, les envoyait donc dans les bas-fonds du web…

Ce vendredi 19 décembre en début de matinée, l’Informé a découvert par hasard ce couac, dû à une faille de sécurité. Les liens apparaissant sur Google avec les mots-clés « mediateur Fevad » renvoient vers le site douteux. Si la page de résultats (pourtant sans liens sponsorisés) fait bien apparaître le nom Mediateurfevad.fr, un clic redirige vers la vente d’un papier peint imprimé « Balance » à 42,14 euros le rouleau sur Moilora. Une autre page rangée par le moteur de recherche comme une page du site du médiateur est, en fait, une offre pour une clôture de jardin en acier noir, en promotion à 69 euros au lieu de 182 euros !

Ce site de vente a tout pour susciter la méfiance. Pas d’adresse ni de mentions légales, une foire aux questions et une notice de confidentialité rédigées dans un français approximatif, et même une incertitude sur le nom du portail : le logo indique Moilora, mais l’adresse web est mollora.com, avec deux « l ». Selon nos constats, le site a été créé tout récemment et son nom de domaine a été réservé depuis la Chine.

Alertée par l’Informé, la Fevad reconnaît la faille mais indique avoir sécurisé son site à la mi-journée. De fait, sur Google, les liens ne sont plus faussés même si, quelques heures plus tard, des informations parasites apparaissent toujours dans la description des pages.

La Fevad n’est pas en mesure de dire depuis combien de temps la redirection douteuse était active sur Google – la connexion au site en tapant l’adresse Mediateurfevad.fr directement dans le navigateur n’a jamais été concernée par le problème. En guise d’explications, l’organisme évoque notamment « un plug-in obsolète ».

« Il est possible qu’il s’agisse d’un piratage lié au Wordpress (ndlr : outil de gestion du site) utilisé », estime Jean-Baptiste Boisseau, cofondateur du site Signal Arnaques, qui a pu examiner le problème avant sa résolution. « Le système regarde l’origine de la visite pour effectuer une redirection. C’est une technique assez classique, que l’on range parfois dans ce que les spécialistes appellent le “cloaking”, détournée par des escrocs pour renvoyer vers du contenu plus ou moins légal. »