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Continuer la lectureScooters en libre-service : au moins sept candidats en lice à Paris
La ville de Paris s’apprête à sélectionner trois opérateurs pour exploiter des flottes de scooters électriques partagés. Plus d’un an après le lancement de l’appel à candidatures, sept concurrents restent en lice.
Mise à jour du 9 mars 2023 : Comme nous le laissions entendre en janvier, la Mairie de Paris a finalement choisi de repousser une nouvelle fois la sélection des trois opérateurs autorisés à exploiter un service de scooters électriques en « free floating » à Paris. Prévu en mars, le vote du Conseil de Paris qui doit départager les candidats a été reporté à la session de juin de l’assemblée municipale. Selon nos informations, les candidats à l’appel à manifestation d’intérêt ont reçu il y a quelques jours une communication de l’Hôtel de ville, via la plateforme de marchés publics Maximilien, les informant du report du vote au 9 juin prochain. Soit 12 mois de retard par rapport au calendrier initial. « Les services de la Ville ont eu besoin d’un peu plus de temps pour analyser les offres et mener les dialogues compétitifs sur un marché très nouveau, avance un porte-parole de l’Hôtel de ville interrogé par L’Informé. Nous avons notamment été très attentifs à l’équilibre économique des futurs opérateurs, qui n’est pas forcément assuré ».
Le suspense dure depuis plus d’un an. Pour réguler le marché des scooters électriques dans ses rues, la mairie de Paris a lancé un appel à candidatures en décembre 2021 : la ville devait sélectionner trois opérateurs autorisés à déployer 1500 à 2500 véhicules chacun pendant cinq ans. L’affaire devait être bouclée en mars 2022… Mais ce n’est toujours pas fait. Alors que l’heure du verdict approche enfin -nous y reviendrons -, sept candidats restent en lice selon nos informations. Les voici.
Le plus connu d’entre eux est, sans conteste, Cityscoot. L’opérateur historique, déjà actif dans la capitale, a pleinement profité de la lenteur de l’administration parisienne pour se remettre à flot. En grandes difficultés au printemps 2022, il a bouclé en septembre une recapitalisation dans le cadre d’une « procédure de conciliation » avec ses créanciers. La RATP et la Caisse des dépôts ont consenti à injecter de nouveau 15 millions d’euros, selon Capital Finance, pour renflouer l’ancienne pépite du Next40, qui avait déjà levé 78 millions d’euros depuis son lancement en 2016. Pour boucler son sauvetage, Cityscoot a bénéficié en urgence d’une dérogation de l’Autorité de la concurrence, qui doit toujours valider l’opération. La start-up a depuis adopté un modèle plus frugal, en fermant ses opérations à Barcelone et en réduisant le nombre de ses scooters dans la capitale tricolore de 3700 à 3000 voire moins.
À ses trousses sur le pavé parisien depuis l’été 2021, l’entreprise espagnole Cooltra (2000 scooters) et la française Yego (1200 ) sont aussi candidates. De même que Troopy, filiale du distributeur de motos et scooters Chapat, qui compte plus de 500 engins en free floating dans la ville. Face à eux, de nouveaux acteurs, jusque-là inconnus des Franciliens, veulent s’imposer. Comme l’opérateur néerlandais Felyx. « Nous espérons lancer nos opérations dès que possible à Paris, confirme un porte-parole à L’Informé. Nous prévoyons d’y installer 2500 scooters, ce serait notre plus importante implantation en Europe ». Le néerlandais Go Sharing, présent aux Pays Bas, en Italie et à Istanbul, entend aussi faire circuler sa flotte, tout comme Acciona, le conglomérat de BTP espagnol qui a ouvert une filiale dédiée aux mobilités. Initialement, huit entreprises avaient déposé une offre début 2022 mais, selon nos informations, Tier Mobility a quitté la course il y a quelques mois. Pour expliquer cet abandon, la start-up allemande rejette les rumeurs de levée de fonds annulée et préfère invoquer une rentabilité incertaine sur ce segment de marché jugé trop restreint ainsi que les retards de l’appel d’offres.
De fait, le calendrier de la mairie de Paris est pour le moins glissant. « Nous avons reçu beaucoup de candidatures et les entretiens avec les opérateurs qui ont été demandés aux services ont rallongé les délais de sélection, se défend un responsable à l’Hôtel de Ville. La procédure mise en place est plus lourde mais elle est aussi plus exigeante. L’objectif est de s’assurer qu’on dispose bien les meilleures offres. » Durant l’automne, la mairie a assuré aux candidats que la sélection serait effectuée en février 2023, avec un vote du Conseil de Paris officialisant le choix lors de la session de mi-mars… Mais les sept candidats restants pourraient voir leur patience une nouvelle fois mise à l’épreuve. « La sélection des opérateurs pourrait intervenir en avril-mai, avec un vote en juin », indique une source au sein de l’exécutif municipal pour qui rien n’est encore arbitré. Un nouveau délai confirmé du bout des lèvres au sein des services de la Mairie : « Le processus prend plus de temps que prévu. Il pourrait être une nouvelle fois décalé de mars à juin ». Contactée, la Mairie de Paris n’a pas souhaité commenter nos informations.
Ces retards mettent sous tension les candidats. « Cela fait déjà un an que nous attendons de savoir si nous sommes retenus, se plaint le dirigeant d’un opérateur. Des équipes ont été recrutées et sont maintenues depuis un an, des investissements ont été réalisés au moins pour partie, alors qu’aucun opérateur ne sait s’il sera retenu. Au fil des mois, c’est un projet qui devient lourd à porter ». Mais l’affaire reste trop alléchante pour se rétracter. Le marché parisien est l’un des plus grands d’Europe, et il s’annonce aussi comme un des plus profitables, avec seulement trois opérateurs autorisés. Le marché du scooter électrique partagé a aussi été relancé par la décision de rendre payant, depuis le 1er septembre, le stationnement des deux-roues à moteur thermique dans la capitale.