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Transports - Auto

En pleine privatisation, Systra perd son président en France

Didier Traube a annoncé en interne renoncer à la direction de la filiale tricolore du groupe d’ingénierie contrôlé par la RATP et la SNCF. Il reste toutefois dans l’entreprise.

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RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

Voilà qui ne va pas faciliter les choses pour Systra. Au moment même où le spécialiste des projets de transports contrôlé par la RATP et la SNCF négocie sa privatisation, il va devoir trouver un nouveau capitaine pour sa filiale française. Selon nos informations, son président Didier Traube a « souhaité » mettre fin à son mandat. Il l’a annoncé dans un email diffusé à ses équipes, où il précise par ailleurs avoir demandé à la direction de Systra, emmenée par Pierre Verzat, un « nouveau positionnement au sein du groupe » dont il reste salarié. « Je pense souhaitable de passer le relais à un nouveau président à même de poursuivre l’aventure dans la durée », a-t-il écrit. Didier Traube continue d’assurer l’intérim le temps qu’un remplaçant soit désigné.

Officiellement, aucune dissension particulière n’est à signaler, mais, selon plusieurs sources, le patron n’aurait pas voulu cautionner les objectifs 2024 imposés par le groupe à Systra France. Serait en cause la question de la maîtrise des coûts, notamment liée à la masse salariale. « Didier Traube estimait-il qu’il allait se retrouver tôt ou tard dans une position inconfortable non seulement à l’égard des managers des six business units de Systra France, mais aussi des salariés ?, s’interroge une source interne. Maintenant, Pierre Verzat aura beau jeu d’expliquer à ses actionnaires qu’il pourra bientôt désigner un remplaçant en ligne avec ses objectifs. »

En pleine privatisation de Systra, le niveau de résultat de la filiale tricolore est une vraie question : certains fonds de private equity qui se sont penchés sur le dossier ont déjà pointé une rentabilité trop faible. « Il y avait un sujet sur le tarif des prestations facturées en France qui était délicat à résoudre dans la mesure où les deux actionnaires de Systra, la RATP et la SNCF sont juges et parties », dixit un candidat, un temps intéressé. Les comptes consolidés de Systra en 2022 font seulement mention d’un chiffre d’affaires de 215 millions d’euros en France, en incluant certaines des prestations fournies par la filiale tricolore sur des projets à l’étranger. C’est moins que ce que réalise le groupe au Royaume-Uni, plus gros contributeur à ses revenus (254 millions d’euros).

Contactés par l’Informé, Didier Traube n’a pas souhaité faire de commentaires, la direction de Systra non plus.