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En cessation de paiement, Iziwork va devoir négocier sa reprise au tribunal

La semaine dernière, le leader de l’intérim en ligne a communiqué son souhait de se rapprocher de Proman. Le redressement judiciaire à venir rebat les cartes.

Iziwork était l’une des stars du marché de l’intérim au sein du programme French Tech.
Iziwork était l’une des stars du marché de l’intérim au sein du programme French Tech. RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

Iziwork va-t-il se marier à Proman ? Mardi 5 septembre, un communiqué de presse commun semblait graver dans le marbre le rapprochement entre le leader français de l’intérim en ligne et le numéro 4 européen du marché du travail temporaire. Mais les sérieuses difficultés rencontrées par la start-up d’Alexandre Dardy, révélées dans les colonnes de l’Informé il y a trois semaines, changent la donne. Selon nos informations, elle a déclaré sa cessation de paiement au Tribunal de commerce de Nanterre, qui actera donc dans les prochaines heures son redressement judiciaire.

Une source d’inquiétude pour les 200 salariés d’Iziwork comme pour les actionnaires, dont Bpifrance et Cathay Innovation, qui risquent de perdre l’intégralité de leur investissement, soit près de 55 millions d’euros depuis la création de l’entreprise en 2018. Pour l’Etat, la perte est double car la jeune pousse était aussi redevable de plus de 20 millions d’euros de TVA et d’URSSAF. A cela s’ajoute un prêt garanti par l’Etat et des dettes bancaires.

Cet imposant passif est d’ailleurs responsable du faible engouement des potentiels repreneurs. Positionnés dans l’enchère organisée par la banque d’affaires Cambon Partners, les concurrents Gojob et Staffmatch n’avaient finalement pas remis d’offre lors de la date clé du 23 août. A contrario, Adecco - qui n’a pas souhaité commenter - avait émis une proposition de reprise, a appris l’Informé. Mais celle-ci ne portait que sur les actifs post-redressement judiciaire. L’offre aurait toutefois été bien reçue par les pouvoirs publics et aurait permis de débloquer la situation auprès d’Atradius. Garant d’Iziwork, ce spécialiste français de l’assurance-crédit, du recouvrement et de la caution demandait initialement 2 millions d’euros pour couvrir l’activité de la jeune pousse jusqu’en septembre, avant de quitter le navire. Mais sous la pression de toutes les parties prenantes du dossier, il a finalement accepté de le faire à titre gracieux.

La procédure de redressement judiciaire, qui pourrait être actée dès ce mardi 12 septembre, place la décision finale entre les mains du juge du Tribunal de commerce. Rien n’est donc fait pour Proman, même si le groupe familial aux 3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires a pris une longueur d’avance en rencontrant les salariés d’Iziwork et en accordant ses violons avec Alexandre Dardy. Contacté, Proman joue carte sur table. « J’avais proposé une solution technique en reprenant en location-gérance toutes les activités d’Iziwork, afin d’en assurer la continuité. Cela avant de récupérer la start-up, même si nous n’aurions probablement pas repris la dette, explique Roland Gomez, le dirigeant de Proman. Nous aurions pu ainsi apaiser la situation et éviter le redressement judiciaire. Cette proposition avait été exposée au Comité interministériel de restructuration industrielle et à l’administration, mais n’avait pas été retenue. » Une autre issue a donc été choisie.

« Nous avons pris une décision de rapprochement qui peut maintenant être challengée, mais nous nous faisons confiance l’un l’autre. Nous travaillons avec Proman depuis plusieurs mois et cette communication était indispensable pour rassurer nos clients, nos partenaires et nos intérimaires », explique Alexandre Dardy, qui conservera son rôle à la tête d’Iziwork en cas de reprise par Proman, jusqu’à présent seul acteur à vouloir reprendre l’intégralité des collaborateurs.