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Continuer la lectureMonacogate : Thierry Lacoste s’attaque à Antoine Vey, l’avocat de Patrice Pastor
La guerre n’en finit pas entre les proches anciens et actuels d’Albert II. Une interview dans le magazine Point de vue accordée par l’ancien associé d’Éric Dupond-Moretti a remis de l’huile sur le feu.
« Les « Dossiers du Rocher » n’ont fait que révéler ce que tout le monde pressentait. Il y a eu, de la part d’un groupe d’individus, des actions visant à entraver le fonctionnement normal de l’État de droit, d’en contourner les règles, pour réaliser d’énormes profits et s’arroger des pouvoirs en dehors de tout cadre. » Dans son numéro du 29 mai 2024, Point de vue, le magazine d’actualité des familles royales, publie un dossier de 10 pages intitulé « Après des mois de tempête à Monaco, les Grimaldi reprennent la main ». Plusieurs articles s’attachent à démontrer à quel point le Prince Albert II affiche désormais une « sérénité retrouvée ».
Mais c’est une interview particulière qui va susciter une réaction en chaîne et mener ses protagonistes devant les tribunaux : celle accordée à l’hebdomadaire par Me Antoine Vey, avocat du magnat de l’immobilier monégasque Patrice Pastor (un proche du Prince Albert II), dans laquelle il prend longuement sa défense. Il le définit comme un homme « viscéralement attaché à son pays » qui n’a « pas vocation à s’immiscer dans les affaires du Palais », une « cible commode » qui « dénonçait un certain nombre d’agissements visant à s’accaparer les moyens de l’État ».
Les raisons de cette prise de parole ? La mise en ligne fin 2021 d’un site baptisé « Les Dossiers du Rocher ». Créé par un ou des auteurs anonymes, il met en cause certains fidèles du prince, dont les boîtes mails ont été piratées. Parmi eux figure Thierry Lacoste, avocat et ami d’enfance d’Albert II. Des anciens proches du Prince croient deviner derrière la « tempête » déclenchée par ce leak la main de Patrice Pastor, dont ils n’ont eu de cesse de dénoncer la possible influence sur la principauté. Des accusations que l’homme d’affaires a toujours démenties.
L’exercice n’a en tout cas pas plu à Thierry Lacoste, qui a assigné Royalement Vôtre Éditions, la société éditrice de Point de vue et sa directrice de publication Adélaïde de Clermont-Tonnerre en diffamation, comme c’est l’usage. Plus inattendu, il a également attaqué Antoine Vey qui a accordé l’interview. Thierry Lacoste qui fut longtemps proche du prince n’en est pas à sa première procédure en diffamation contre les médias : depuis 2021, il en a ainsi engagé plusieurs contre Le Parisien et Mediapart.
Si l’affaire Point de Vue n’a pas encore été plaidée au fond, une première audience s’est déjà tenue le 12 juin dernier, à la demande d’Antoine Vey ancien associé d’Éric Dupond-Moretti. Récemment condamné par l’ordre du barreau de Paris à cinq mois de suspension pour divers manquements à la déontologie, cet avocat contestait la juridiction compétente pour juger l’affaire, qui dépend du tribunal judiciaire de Nanterre. « Mon client habite à Paris : il n’y a aucune raison que l’affaire soit jugée à Nanterre », explique à l’Informé son conseil Richard Malka.
Le 29 août dernier, le tribunal lui a pourtant donné tort, Une décision dont Me Vey fera appel, nous assure son avocat, qui se veut plutôt confiant également sur le fond de l’affaire : « Je ne comprends même pas qu’une procédure ait été engagée. Nous sommes à des années-lumière d’un propos diffamatoire, et Thierry Lacoste n’est même pas cité dans l’interview. Nous sommes d’une absolue sérénité. »
Contactés, Thierry Lacoste ainsi que Point de Vue n’ont pas souhaité s’exprimer.