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Emmanuel Macron va lancer un Laboratoire sur la protection de l’enfance avec les géants du Net

Ce jeudi 10 novembre, les représentants de Microsoft, Google ou Amazon sont conviés à l’Élysée pour signer une charte.

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LUDOVIC MARIN / AFP

Voilà près d’un an, le 11 novembre 2021, l’Élysée lançait conjointement avec l’UNICEF, un «  appel à l’action  » pour la défense les droits de l’enfant dans l’univers numérique. Une initiative soutenue par plusieurs pays (Argentine, Bulgarie, Estonie, Italie, etc.), mais aussi par les grandes plateformes (Amazon, Google, Meta, Microsoft, Snap, etc.) et les ONG du secteur (e-Enfance, WeProtect Global Alliance, Plan international, Save the Children, Point de contact, l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, etc.). Tous s’engageaient à «  prendre les mesures nécessaires pour permettre aux enfants d’employer les outils numériques en toute sécurité, sans être exposés à des abus  ».

Ce jeudi 10 novembre, comme l’avait déjà signalé l’Informé, un dîner sera organisé à l’Élysée dans le cadre du forum de Paris sur la Paix réunissant notamment des intellectuels et chercheurs du numérique. Au menu, la lutte contre les fausses informations ou encore la fragmentation de la Toile. Ce même jour, indique Le Figaro, Microsoft, Meta, TikTok, Snapchat, Google et d’autres grands noms de la tech auront rendez-vous au même lieu pour évoquer à nouveau la protection de l’enfance avec une « initiative majeure » à la clé, qui se concrétisera par une charte, précise Contexte. L’Informé est en mesure de révéler que cette charte pose les premières pierres d’un laboratoire dédié à la protection de l’enfance.

D’après les documents consultés par l’Informé, les signataires de la charte s’engagent  à créer un « Laboratoire » destiné « à promouvoir, développer et évaluer » des solutions destinées à améliorer la protection des mineurs dans l’environnement numérique. Parmi les thèmes de travail, le document cite la lutte contre le harcèlement, le contrôle parental ou encore le contrôle d’âge. Un sujet majeur actuellement ausculté par les tribunaux.

Le laboratoire, écrit le document, « débutera sous la forme d’une coalition d’acteurs volontaires, avec pour résultat immédiat de briser les silos existants entre les gouvernements, les plateformes et les fournisseurs de solutions ». Les signataires devront proposer des « améliorations concrètes basées sur une évaluation solide » afin de contribuer « à la conception de politiques publiques », « participer à la définition de meilleures pratiques » et « développer de nouvelles fonctionnalités afin de rendre les services numériques plus sûrs pour les utilisateurs les plus vulnérables ».

Officialisé jeudi 10 novembre, ce « Lab » est destiné à devenir un lieu de partage des connaissances entre des acteurs de tous les horizons et toutes les tailles, afin d’encourager la recherche, mais aussi «  identifier les solutions techniques, organisationnelles ou éducatives dont l’efficacité et la préservation des droits fondamentaux [auront] été démontrées  ». Le dispositif contient également un volet financier où les futurs membres du collectif acceptent de fournir des ressources financières ou d’expertise.

Selon les annexes de la charte, plusieurs réunions plénières seront organisées chaque année. Un comité exécutif sera composé d’une douzaine de membres avec dans ses rangs des entreprises, des membres de la société civile, des chercheurs et des États. À ses côtés, un comité scientifique décrira les retours d’expérience sur les expérimentations menées sur le thème de la protection de l’enfance. Enfin, un comité d’éthique veillera à conseiller sur les risques de conflits d’intérêts. Le dossier élyséen est suivi de près par Henri Verdier, ambassadeur pour les Affaires numériques. La France s’occupera des activités quotidiennes du laboratoire ainsi que de la communication entre ses membres et le public.

Quels sont les premiers axes de travail concrets ? La réponse sera donnée par un comité de pilotage, après appel à projets. Jusqu’à cinq projets seront retenus chaque année. Une fois identifiés, ils passeront au stade suivant, celui de l’expérimentation, où ils bénéficieront du soutien des membres du Lab. Après évaluation par le comité scientifique, les résultats seront présentés lors du Forum de Paris sur la Paix.

Télécharger la version de travail de la Charte