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Continuer la lectureYannick Bolloré voit sa rémunération s’envoler de plus de 50%
Le président du conseil de Vivendi et PDG de Havas connaît une forte hausse de sa rémunération officiellement justifiée par ses bonnes performances.
2022 aura décidément été une bonne année pour Yannick Bolloré. Non seulement la retraite officielle de son père Vincent lui a laissé davantage de marges de manœuvre, mais l’héritier a aussi pu profiter d’une explosion de sa rémunération. En cumulant ses casquettes, le PDG d’Havas et président du conseil de surveillance de Vivendi a vu ses émoluments bondir de 55,2%* l’an dernier, passant de 3 à 4,66 millions d’euros.
Dans le détail, son salaire fixe chez Havas est passé de 1,05 à 1,5 million d’euros, en progression de 42%. La raison affichée ? Les bonnes performances de l’agence de communication : « le conseil d’administration a mené un examen approfondi du niveau de la rémunération (...) dont la part fixe est restée inchangée entre 2018 et 2021, alors que Havas a continué d’enregistrer une forte progression de ses activités », précise le document de référence. Le chiffre d’affaires de la société a crû de 18% l’an dernier, à 2,76 milliards, tandis que le résultat opérationnel ajusté a augmenté de 19,7%, à 286 millions d’euros. Des performances à nuancer : si les revenus de l’agence ont atteint un plus haut historique en 2022, il n’en va pas de même pour la rentabilité. La marge opérationnelle ajustée est ressortie à 11%, alors qu’elle dépassait les 13% avant 2016.
Le conseil d’administration ajoute aussi que sa décision vise à « réduire l’écart significatif qui s’était accentué entre sa rémunération cible et celles de ses concurrents directs, sans pour autant s’aligner sur des pratiques éloignées de celles constatées en France ».
Ce bond du salaire fixe a entraîné une hausse équivalente du bonus variable maximum (qui peut être du même montant dans le meilleur des cas), soit 1,5 million d’euros. S’ajoute à cela le versement d’actions gratuites de performance pour une valeur de 569 400 euros, ainsi qu’une prime de 500 000 euros pour avoir mené l’acquisition de huit agences à l’étranger (notamment deux en Australie, quatre au Royaume-Uni, une en Espagne, au Portugal et en Chine).
En tant que président du conseil de surveillance de Vivendi, enfin, Yannick Bolloré a touché 460 000 euros, 15% de plus qu’en 2021. Contacté, le groupe de médias et de divertissement souligne que « l’évolution de la rémunération de Yannick Bolloré fait l’objet d’une explication détaillée dans le document d’enregistrement universel et dans les documents préparatoires à la prochaine Assemblée générale » [le 24 avril prochain à l’Olympia NDLR]. Il précise également qu’« il convient d’enlever à la rémunération totale 126 000 euros au titre de l’attribution d’actions de performance en 2019. Le montant est donc de 4,54 millions d’euros soit une hausse de 51% ».
Reste une dernière source de revenu. Comme vice-président du groupe Bolloré, le dirigeant a perçu 626 360 euros en 2021. Un versement qui devrait être renouvelé cette année et viendrait alors s’additionner à ces émoluments chez Vivendi pour un total de 5,28 millions d’euros.
* Rémunérations brutes + valorisation comptable des actions de performance