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Continuer la lectureAu Maroc, les nationalisations contraignent Suez à choisir ses combats
Offre professionnelleLes nationalisations massives opérées par les autorités locales dans la gestion de l’eau et des déchets obligent le groupe à faire le tri dans les appels d’offres.
À bas bruit, Suez ajuste ses objectifs de développement au Maroc. Le nouveau patron de Suez Maroc, Soufiane Jakani, arrivé en avril à la suite de Benjamin Vauthier, élague dans certaines des activités jugées les moins rentables. Selon nos informations, le groupe a ainsi décidé cet été d’engager une r...
Les nationalisations massives engagées par le Maroc depuis quelques années, tant dans la gestion de l’eau que dans le recyclage et la valorisation, accroissent la pression sur les ambitions du groupe, implanté localement depuis plus de 70 ans, comme sur celles de ses rivaux. Dans l’eau, Suez a vu la société des eaux de l’Oum Er Rbia reprise par une entité publique, en juin dernier. Même cas de figure pour Lydec, son ancienne tête de pont sur place, passée sous le contrôle de Veolia après l’OPA du géant de l’environnement de 2022. Ce dernier n’a cependant guère pu en profiter puisqu’il a été aussi contraint de céder cette société à la Société Régionale Multiservices (SRM) Casablanca-Settat, adossée au ministère de l’intérieur.
La mainmise marocaine, qui met fin au système de gestion déléguée jusqu’ici en vigueur, affecte aussi les contrats de gestion de déchets : les autorités demandent désormais aux entreprises étrangères de ne postuler aux marchés qu’à condition de s’allier avec des sociétés locales. Dans le contrat sur l’enfouissement des déchets ménagers remporté par Suez à Rabat, en 2024, le groupe français n’est actionnaire du consortium qu’à hauteur de 26 %. Il était à 100 % en 2014 dans celui signé - à l’époque par sa filiale Sita - à Meknès… Le changement de braquet imposé par les Marocains incite donc plus que jamais Suez à la sélectivité. Le groupe a ainsi choisi cet été de ne pas postuler au conséquent appel d’offres sur la gestion du traitement des déchets de Tanger et ne devrait concourir qu’à un seul des trois prochains contrats qui doivent être proposés à Fez, Marrakech et Agadir.
Reste cependant les projets de dessalement d’eau de mer, sur lequel le Maroc mise pour tenter de réduire le manque d’eau chronique qui frappe le pays. Une quinzaine de stations sont déjà opérationnelles et les autorités projettent d’en construire une quinzaine d’autres d’ici 2030. Des marchés sur lesquels le groupe dirigé par Xavier Girre espère se positionner, avec en ligne de mire les futures usines de dessalement de Nador et de Tanger, malgré les déconvenues enregistrées ces derniers mois. Projet phare, l’usine de Rabat (d’une capacité de plus de 800 000 m3 d’eau potable par jour pour alimenter plus de 9 millions d’habitants) a de fait échappé à Suez. En octobre, en marge de la visite officielle effectuée par Emmanuel Macron, Veolia a signé un protocole d’accord pour développer ce partenariat public-privé, d’une durée de 35 ans. Mais à des conditions de prix très contraignantes pour le groupe dirigé par Estelle Brachlianoff.
Suez ne manque par ailleurs pas de compétiteurs, notamment espagnols. En 2023, Acciona, soutenu par un financement substantiel de l’État ibérique (350 millions d’euros), a été retenu pour créer la station de dessalement de Casablanca, tandis qu’Abengoa - racheté en 2023 après ses difficultés par son compatriote Cox Energy - a remporté celle d’Agadir.
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