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Continuer la lectureLVMH présente ses plans pour l’Opinion, plusieurs plumes sur le départ
Au nom du groupe de luxe, devenu propriétaire du titre cet été, Pierre Louette est venu se présenter à la rédaction ce mardi.
Ce rendez-vous était attendu avec impatience par les journalistes de l’Opinion et de l’Agefi. C’est finalement Pierre Louette, le PDG du groupe les Echos-Le Parisien, qui s’est présenté devant la rédaction cet après-midi pour présenter le projet du nouveau propriétaire, LVMH. Il a tenu à rassurer les équipes sur des rapprochements éventuels avec les autres rédactions détenues par le groupe de luxe : « Il n’y a ni fusion, ni confusion », a déclaré Pierre Louette. Le quotidien libéral n’a d’ailleurs pas été racheté par le groupe les Echos-le Parisien, mais par une société sœur au sein du géant du luxe, Ufinvest. Les équipes des services transversaux (marketing, publicité…) auront le choix de rejoindre ou non Paris Match, récemment acquis auprès de Lagardère. En revanche, déception sur le contour du projet qui sera fixé seulement dans les prochaines semaines. « On est au tout début », a-t-il confessé.
Nicolas Beytout (qui vient d’avoir 69 ans), fondateur du journal et qui reste aux commandes, a tenu à préciser que la ligne éditoriale serait maintenue et que les inquiétudes sur la survie financière appartenaient au passé. Il a ajouté que ce rapprochement permettra d’accéder à des outils et des données puissants. Depuis sa création en 2013, le titre a toujours été déficitaire et a dû être renfloué à plusieurs reprises. LVMH était déjà le deuxième actionnaire de la société. Un fonds qatari a également financé la publication en 2023 comme nous l’avons révélé. Nicolas Beytout l’a confirmé aux équipes vendredi dernier, arguant que cela avait permis de sortir le journal de grandes difficultés financières.
Cette prise de parole de LVMH était attendue depuis le rachat survenu cet été et l’ouverture de la clause de cession du 27 juillet jusqu’au 7 novembre. Comme le prévoit la loi quand un titre de presse change de contrôle, les journalistes qui le souhaitent peuvent démissionner en touchant des indemnités (un mois de salaire par année d’ancienneté). Avant de se décider, beaucoup souhaitaient entendre les projets de LVMH.
D’ores et déjà, plusieurs journalistes ont annoncé leur départ dont Jean-Dominique Merchet, spécialiste de la défense, qui continuera de participer sur la chaîne LCI aux émissions de David Pujadas, Margot Haddad et Darius Rochebin. En outre, selon nos informations, il deviendrait éditorialiste sur des questions de géopolitique et de défense au magazine le Point et pourrait relancer son blog Secret Défense, aujourd’hui en sommeil. Le rédacteur en chef adjoint chargé de l’édition, Emmanuel Ginisty, ainsi qu’Irène Inchauspé, responsable des sujets sur l’environnement, sont également sur le départ. Sans compter, d’autres éventuelles clauses à l’Agefi.
Durant les mois précédent la cession à LVMH, certains journalistes avaient aussi relevé une évolution dans le discours de Nicolas Beytout, qu’ils estiment liée à ce deal en cours : « Lors de son discours pour les onze ans du journal en 2024, Nicolas a fustigé le wokisme et les étudiants de Science Po [qui manifestaient pour Gaza NDLR], se souvient l’un d’entre eux. Cette année il a pris la défense de Vincent Bolloré et de ses médias. On sentait un changement de ton ».