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Médias - Culture

Claude Perdriel prêt à céder Challenges à LVMH dès 2026

Lors d’une rencontre avec Antoine Arnault mardi dernier, le fondateur du magazine économique a décidé d’accélérer la cession du titre. Il l’a confirmé à ses équipes lors d’un séminaire qui s’est tenu au parc Floral la semaine passée.

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JOEL SAGET / AFP

La fin d’une époque. Le fondateur du magazine Challenges, Claude Perdriel, en passe de souffler ses 99 bougies en octobre prochain, a décidé d’accélérer la cession du dernier de ses titres de presse. « Les 100 ans me font peur, indique-t-il à l’Informé. Je pense le céder dès l’année prochaine à LVMH ...

Ces annonces ont été faites mercredi 9 juillet aux équipes lors d’un séminaire qui s’est tenu au parc Floral de Paris. La veille, Claude Perdriel s’était entretenu avec Antoine Arnault, chargé des activités presse pour LVMH, sur la suite des événements et notamment la vente de Science et Avenir la Recherche qui doit encore se boucler. « Il n’est pas question d’attendre et de laisser les journalistes dans l’incertitude, ajoute-t-il. Nous avons évoqué ensemble les obligations administratives à remplir avant une cession définitive toujours prévue en septembre ».

Signe qu’une page se tourne, un autre départ a été annoncé lors de ce même séminaire. Le directeur général, Philippe Menat, va prendre sa retraite à l’automne prochain. Le responsable a évoqué un contexte économique compliqué pour Challenges avec une baisse de la diffusion, mouvement quasi général dans la presse, et des pertes attendues de 6 millions d’euros cette année. Des pertes qui devraient ensuite se réduire d’un million par an. Mais le magazine peut toujours compter sur son numéro phare annuel : le classement des 500 Fortunes de France actuellement en kiosque. C’est, en effet, la machine à cash de l’hebdomadaire distribué exceptionnellement tout l’été. Ses ventes au numéro explosent et les annonceurs en sont friands. Ce rendez-vous annuel est au centre d’un conflit avec son créateur et ex-rédacteur en chef adjoint, Éric Tréguier, licencié pour faute grave après avoir revendiqué la propriété de cette base de données (voir encadré).

La cession de l’hebdomadaire, le dernier magazine du groupe Croque Futur, viendra clore une série de cessions réalisées ces dernières années : Historia en 2023 et actuellement Sciences et Avenir la Recherche à LVMH, et Histoire à SFA en 2024. Elle mettra également un terme à l’aventure de Claude Perdriel dans les médias débutée en 1964. Créateur du Nouvel Observateur puis du Matin de Paris, ce polytechnicien symbolise la figure, sans doute la dernière, du patron de presse finançant cette activité à perte… sans être milliardaire.

Classement des fortunes : défaite de Challenges contre son ex-rédacteur en chef

« Je viens d’être notifié de ma victoire complète à la Commission arbitrale des journalistes, qui s’est tenue le 13 juin dernier », jubile Eric Tréguier auprès de l’Informé. Le créateur du classement des 500 Fortunes de France a remporté son bras de fer contre son ancien employeur Challenges. « Mes demandes de compensation financière ont été intégralement acceptées, ce qui est rare », ajoute-t-il. Rédacteur en chef adjoint, Eric Tréguier avait été licencié pour faute grave en 2023 après avoir cédé les droits d’auteur sur la base de données nécessaire à ce classement à une société détenue avec son épouse. De son côté, le journal affirme en être l’unique propriétaire et avait porté plainte devant le tribunal judiciaire. Sauf que le magistrat a estimé que cette base n’appartenait à personne, faute de preuves suffisantes. Et, suite à cette décision, la Commission arbitrale des journalistes a jugé « qu’il n’apparaît pas que M. Tréguier ait commis une faute justifiant la suppression ou la diminution de son indemnité de licenciement ». Il devra donc toucher plus de 180 000 euros pour plus de 26 ans d’ancienneté au magazine ainsi que 2 500 euros de frais d’avocat. Pour le dirigeant de l’hebdomadaire, Claude Perdriel, l’enjeu est ailleurs. « Nous aurions perdu plusieurs millions d’euros si nous avions dû payer ce classement à monsieur Tréguier. Il s’agit d’un travail collectif de la rédaction. Nous avons gagné ».