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Finance - Conseil

L’agence de com’ liée à l’extrême droite Progressif Media dans le rouge

La société d’Emile Duport - dont Vivendi (Vincent Bolloré) est actionnaire - a travaillé pour Génération identitaire et des candidats du parti d’Éric Ciotti.

Dans une vidéo Youtube, le patron de Progressif Media Emile Duport appelle ses abonnés à participer à une cagnotte pour financer ses frais de justice.
Dans une vidéo Youtube, le patron de Progressif Media Emile Duport appelle ses abonnés à participer à une cagnotte pour financer ses frais de justice. Chaîne Youtube d’Emile Duport

25 000 euros. C’est le montant des dons que réclame sur une cagnotte en ligne Emile Duport, figure de la lutte contre l’avortement. Dans une vidéo Youtube intitulée « Père de famille condamné à 35 000 € », celui qui avait collé en 2023 des milliers de stickers anti-avortement sur les Vélib’ avec son collectif les Survivants, se lamente de la décision du tribunal de Paris. La juridiction l’a sanctionné pour son action à verser en tout 36 000 euros, dont 15 000 à la mairie d’Anne Hidalgo. « On me condamne avec sévérité parce que je défends le respect de la vie naissante », regrette le militant dans la vidéo publiée le 15 décembre dernier, où il indique également : « Je ne peux pas assumer une telle somme tout seul […] cette condamnation mettrait en danger ma famille. »

Il faut dire que ce n’est pas là le seul pépin financier du militant. Selon des documents consultés par l’Informé, son agence de com’ Progressif Media, fait grise mine. Et ce malgré son succès certain auprès d’une clientèle à l’extrême droite. Elle a par exemple, selon Libération, travaillé pour Génération identitaire, assisté les candidats d’Éric Ciotti aux législatives ou encore mené des missions pour la fondation Lejeune, proche de la Manif pour tous. Entre 2023 et 2024, le chiffre d’affaires de la structure a presque été divisé par deux : il est passé de 3,5 millions d’euros à 1,8 million. En 2022, pourtant, l’agence culminait à 4,7 millions d’euros de revenus… Et du côté de la rentabilité, c’est encore pire. Après des années mitigées, avec 28 449 euros de bénéfices en 2022 puis 7 855 euros en 2023, Progressif Media est devenu déficitaire en 2024, avec 147 406 euros de pertes. L’effort de réduction des charges salariales - 694 785 euros en 2024 contre près d’1,3 million en 2023 - n’a pas suffi.

Emile Duport peut toutefois compter sur de solides soutiens. Entré au capital en 2022, Vivendi est actionnaire minoritaire de la boîte de com’, à hauteur de 14,2 %. L’agence, également partie prenante du projet Corsaires, créé en réponse aux Sleeping Giants, est d’ailleurs hébergée dans l’immeuble de Largardère News, aux côtés du JDD, de CNews ou encore d’Europe 1. Le reste du capital de Progressif Media se partage entre la société ZeWatchers, holding de la productrice et amie de Vincent Bolloré Chantal Barry, détentrice de 49,8 % des parts, et Emile Duport, titulaire des 36,1 % restants. Les deux autres cofondateurs de l’agence, Thomas Ghys et David Bonhomme, ont quitté l’entreprise et cédé leurs parts en 2024. Le second a aujourd’hui créé « LA FORGE† », une communauté « où le feu du Saint-Esprit rencontre la sueur des entrepreneurs ».

En sus de ses contre-performances, Progressif Media a également, selon nos informations, une dette de près de 21 000 euros envers la banque BPCE et une autre de plus de 17 000 euros envers l’Urssaf. « L’agence digitale au service de ceux qui œuvrent à la progression vertueuse du monde » va devoir se mettre à la recherche de nouveaux projets pour passer des années plus sereines…