Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Finance - Conseil

Cinq offres de reprise pour l’agence Cosa Vostra

Le cabinet de conseil en stratégie digitale fondé par Matthieu et Pierre Stefani, François Defossez et Laurent Kretz avait été placé en redressement judiciaire en décembre.

Photo
Site internet de Cosa

Est-ce bientôt le bout du tunnel pour Cosa Vostra ? Le cabinet de conseil en stratégie digitale dirigé par Laurent Kretz, en cessation de paiements depuis la fin du mois de novembre, avait été placé en redressement judiciaire le 10 décembre comme l’avait révélé les Echos. Selon nos informations, le passif de la société s’élevait alors à plus de 2,2 millions d’euros. Si le dirigeant de la PME Laurent Kretz expliquait au quotidien économique que « l’instabilité politique » était la cause des malheurs de l’entreprise, un ancien estime pour sa part auprès de l’Informé que l’agence a peiné à rester dans la course dans un secteur frappé par le chamboulement des nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle.

L’actionnariat du cabinet récemment rebaptisé Cosa avait déjà évolué en 2024 : deux des cofondateurs Matthieu Stefani et François Defossez avaient revendu leurs parts, alors que l’agence de conseil et de transformation spécialisée dans le commerce digital Horrea avait acquis 34 % de la société. Les salariés Louis Dumoulin et Inès Schneider étaient aussi montés au capital à l’occasion.

Le cabinet, qui a notamment travaillé pour TF1, Tag Heuer, Fauchon ou encore Les Domaines Barons de Rothschild, était donc dans l’attente d’offres de reprise. Cinq acteurs se sont positionnés. Pour l’heure, c’est l’agence digitale Datasolution qui est la mieux disante : elle propose un prix de 50 000 euros et surtout la reprise de l’ensemble des 27 contrats de travail de Cosa Vostra. L’entreprise aux 350 salariés dirigée par Jean Claude Nogues, spécialiste des rachats de sociétés à la barre des tribunaux de commerce, entend capitaliser sur la clientèle existante de Cosa Vostra notamment dans les secteurs média et luxe. Elle a toutefois exclu de son offre les filiales britanniques et tunisiennes de l’agence.

Horrea, a également déposé une offre de reprise pour les parts de Cosa Vostra qu’elle ne détient pas encore. Elle propose de reprendre 4 salariés, pour un prix de cession de 25 000 euros. À en croire le ton de l’offre, il est assez clair que la mayonnaise n’a pas pris entre Cosa Vostra et ses nouveaux propriétaires. L’entreprise dirigée par Maxime Garrigues et Cédric Massonat indique que le « rapprochement industriel n’a malheureusement pas pu se concrétiser du fait de défaillance dans le pilotage client et des synergies métiers rendues impossibles compte tenu des intérêts des entreprises respectives ». Et d’ajouter : « Horrea n’a en outre été impliquée dans aucun processus décisionnel ou opérationnel chez Cosa Vostra ». Les deux associés dénoncent également dans l’offre diverses « incohérences de management » : le bureau à Londres de l’agence serait pour eux une « structure de convenance pour accompagner l’expatriation d’un associé ». Celui de Bordeaux, de son côté, n’apporterait « aucune valeur ajoutée » et fragiliserait « la rentabilité globale de l’entité ». Et de conclure : « l’endettement de Cosa Vostra n’est pas le résultat d’une politique d’investissement productif mais le symptôme d’un modèle économique structurellement déséquilibré. »

D’autres acteurs se sont également positionnés pour reprendre l’agence, comme l’Agence If, filiale d’ACB Group détenu par Alfred Corchia, qui a racheté depuis 2016 plusieurs activités à la barre du tribunal de commerce et les a structurées sous la marque WeThePeople. Elle est également candidate à la reprise de l’agence Spintank, comme nous l’avions révélé en décembre dernier, et propose ici de reprendre Cosa Vostra pour 5 000 euros, tout en conservant trois salariés. La société Ingenius, filiale du groupe PH7 spécialisée dans le conseil digital, la performance de sites internet et l’expérience de marques souhaite pour sa part reprendre 12 postes, et propose un prix de 3 000 euros. Mantu, enfin, a simplement déposé une lettre d’intérêt pour la reprise, et a promis de formuler une offre plus complète. Le groupe de conseil suisse avait déjà racheté l’agence de com’ Epoka à la barre du tribunal de commerce en juillet 2024, comme nous l’avions indiqué.

Les cinq repreneurs potentiels peuvent désormais plancher sur de possibles offres amélioratives. Plusieurs d’entre eux s’inquiètent toutefois que l’agence ne soit pas pleinement propriétaire de plusieurs podcasts à succès lancés par des associés de l’entreprise comme Le Panier ou Mediarama. S’il a longtemps été une vitrine pour Cosa Vostra qui le « soutenait » alors, le programme Génération Do It Yourself de Matthieu Stefani n’a par exemple aujourd’hui plus de lien avec l’entreprise.

Vous souhaitez entrer en contact avec le ou les auteur(e)s de cet article pour réagir ou apporter des informations complémentaires ? Cliquez-ici