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Continuer la lectureEn difficulté, Brandt obtient un coup de pouce de l’État et de ses créanciers
Le spécialiste de l’électroménager (marques Brandt, De Dietrich, Sauter et Vedette) accumule les déficits en France depuis plusieurs années.
Le groupe Brandt a eu un gros coup de chaud. Acteur reconnu de l’électroménager, le fabricant de fours, plaques de cuisson et autres frigos vendus sous les marques De Dietrich, Brandt, Sauter et Vedette a connu des difficultés financières fin 2023. Mais l’industriel vient d’obtenir un peu de répit à ...
Cette procédure est l’aboutissement logique de plusieurs années de difficultés. Brandt France, filiale en charge de la production avec deux usines à Orléans et Vendôme, connaît des déficits chroniques (40 millions de pertes en 2019, 28 millions en 2020, 13 millions en 2021 et 25 millions en 2022, dernières données connues). Des pertes alourdies par les intérêts à verser sur les nombreux prêts garantis de l’État. En 2022, leur montant s’élevait ainsi à 49 millions d’euros. S’y ajoutaient des contrats de financement des stocks signés avec la Société générale, le Crédit Lyonnais ou encore la Caisse d’épargne Loire-Centre.
Et les finances ne se sont sans doute pas arrangées en 2023 puisque tous les acteurs du secteur ont été pénalisés par les tensions sur le pouvoir d’achat. La chute du marché de l’immobilier a aussi pesé sur le nombre de déménagements et de constructions, rendant les occasions de s’équiper beaucoup moins nombreuses. Selon le bilan du Gifam, l’association qui regroupe toutes les grandes marques du secteur, les volumes vendus ont chuté l’an passé de 6,4 % pour le gros électroménager (fours, frigos, lave-linge…), et de 5,4 % pour le petit électroménager (machine à café, grille-pain, etc.).
Brandt France, qui emploie environ 800 personnes, a d’ailleurs senti les complications venir. L’an dernier, elle a engagé, selon un document dont nous avons eu connaissance, « une réflexion en vue d’aboutir à la définition d’un plan de retour à l’équilibre ». Comme l’indiquait récemment Liaisons Sociales, cela s’est traduit par la signature d’une rupture conventionnelle collective touchant 68 salariés, effective pour ce mois de juillet.
Le protocole de conciliation validé par les différentes parties précise être « de nature à assurer la pérennité de l’activité du groupe Brandt, à travers la pérennité de sa filiale Brandt France ». Révélant la mauvaise passe de Brandt, il tranche avec les propos résolument optimistes tenus en mai par Daniele Degli Emili dans les colonnes du magazine LSA. Le directeur général du groupe déclarait que « les années difficiles sont désormais derrière nous. Depuis fin 2022, nous avons retrouvé un bon niveau de profitabilité, ce qui nous a permis de stabiliser notre situation financière et de réinvestir ». Contacté, le groupe Brandt n’a pas répondu à nos sollicitations.