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Continuer la lectureDelair, Elynxo, Centigon… des entreprises françaises prêtes à aider Abidjan à lutter contre le terrorisme au Sahel
L’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT), portée conjointement par Paris et la capitale ivoirienne, noue ses premiers contacts pour s’équiper.
Les industriels tricolores commencent à s’agiter autour de l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT). Inaugurée en juin 2021, cette organisation, née d’une initiative conjointe d’Abidjan et Paris, a pour mission principale de renforcer les capacités des forces spéciales et des unités policières d’intervention d’élite des pays africains dans leur lutte antiterroriste, particulièrement dans la région du Sahel. Selon nos informations, plusieurs entreprises françaises l’ont récemment sollicitée pour discuter don, prêt ou location du matériel militaire. Delair a proposé ses drones, Elynxo pourrait fournir ses lunettes de vision nocturne, Technamm et l’entité française de Centigon leurs véhicules blindés (respectivement militaires et civils)… Même Airbus aurait été en discussion, mais le groupe dément. Des contacts favorisés par une association proche du Commandement des opérations spéciales (COS), le Cercle de l’arbalète, nouveau partenaire de l’AILCT.
« L’Académie représente la nouvelle réponse internationale pour lutter contre le terrorisme en Afrique, explique à l’Informé, Benoît de St-Sernin, le président du Cercle de l’arbalète. Nous la présentons aux industriels et leur expliquons qu’elle peut aussi constituer un formidable centre de test pour leurs matériels. » Au-delà de l’entraînement, cet approvisionnement peut aussi préparer le terrain pour de futurs contrats militaires, une fois les équipements « testés et approuvés » par les armées locales. Néanmoins, en Afrique, l’industrie de défense française – et plus largement occidentale – est de plus en plus concurrencée par des sociétés étrangères, notamment turques et chinoises, dont les matériels apparaissent fonctionnels et bien moins coûteux. Y compris face aux équipements français « d’occasion » (reconditionnés), dont les revendeurs comme Sofema ont longtemps prospéré sur le continent.
L’académie est actuellement dirigée par le général ivoirien Joseph Allah Kouamé, épaulé par son directeur adjoint Lionel Barfety, un magistrat français détaché pour deux ans en octobre dernier, ainsi qu’un officier français du Commandement des opérations spéciales (COS) qui scrute (et soutient) de près le projet. Elle bénéficie déjà de subsides français, ivoiriens, européens – la Commission européenne ayant mis une vingtaine de millions d’euros sur la table – et américains mais, selon nos informations, doit encore trouver la moitié de ses financements. L’Australie, l’Italie, l’Allemagne et la Suisse seraient toutefois en pourparlers. En sus de la formation, l’AILCT doit aussi remplir une fonction de veille et de réflexion sur la menace terroriste et a notamment noué pour ce faire un partenariat avec l’IRSEM, le think-tank du ministère français des armées.
Ambitions internationales
Fondateur des écoles privées d’intelligence économique et de sécurité EGE, EEIE, EESP et CHECy, Benoît de St-Sernin s’est initialement donné pour mission, avec le Cercle de l’arbalète, de mettre en relation le COS, puis les forces spéciales étrangères, avec les petites et moyennes entreprises françaises pouvant leur fournir des technologies innovantes, notamment via le salon biennal Sofins qui s’est tenu la semaine dernière. Mission ensuite élargie aux unités d’interventions d’élite de la police et de la gendarmerie ainsi qu’aux services de renseignement.
Le bureau de l’association accueille, en sus du président, Bertrand de la Fouchardière de l’américain 3M, Benoît de Préval de Thales, Jean Soleille d’Elynxo (ex-Scrome) et Jean-Pierre Moeglin de l’Institut Saint Louis (ISL) de recherche militaire. Le Cercle de l’Arbalète souhaite également développer une activité de location d’équipements à destination des forces spéciales, un « Kiloutou » pour répondre aux problèmes d’obsolescence des matériels, selon l’association.