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Industrie

Scalian teste l’appétit des grands fonds et espère se vendre 1 milliard d’euros

La holding belge Cobepa contrôle depuis 2019 cet ensemble de 5 000 salariés bien présent dans l’aéronautique. Son retrait du capital pourrait être d’actualité cette année.

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Portra / Getty Images

Y aura-t-il du mouvement en 2023 au capital de Scalian ? Doté de plus de 5 000 salariés, ce groupe d’ingénierie spécialisé à la fois dans les systèmes numériques et la mise en œuvre de projets opérationnels ne fait actuellement pas l’objet d’un processus de vente… Mais l’entreprise s’y prépare : elle...

Scalian est contrôlé depuis 2019 par la holding d’investissement Cobepa. Derrière cette structure se trouve notamment la famille De Spoelberch, l’une des plus grandes fortunes de Belgique, connue entre autres comme actionnaire du géant de la brasserie AB Inbev (Stella Artois, Leffe, Corona…). Un autre fonds conserve une participation minoritaire, le français Andera Partners, après avoir été l’actionnaire majoritaire de l’entreprise de 2015 à 2019.

La difficulté actuelle à lever de la dette complique les grandes opérations de LBO. Or, Scalian atteint une certaine envergure : selon plusieurs sources, la valorisation pourrait avoisiner le milliard d’euros en cas de transaction, compte tenu d’une projection d’Ebitda supérieure à 70 millions d’euros en 2023… Le dossier présente néanmoins un atout de taille : en cas d’opération prochaine, l’acquéreur pourra s’appuyer sur le financement mis en place par le fonds ICG en 2021, transférable à un nouvel actionnaire (ce qui est loin d’être le cas dans tous les LBO). L’arrivée d’ICG avait permis de refinancer la dette d’acquisition mise en place par Cobepa en 2019, tout en donnant à Scalian les moyens de racheter d’autres entreprises. Une enveloppe supérieure à 300 millions avait été mise sur la table par le financier, au total.

La période est plutôt favorable à Scalian, en avance sur son plan d’affaires. Initialement, le groupe visait 500 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 (contre 220 millions en 2019). Mais l’objectif a été déjà atteint l’an passé si l’on inclut les effets de quatre acquisitions récentes : à lui seul, le spécialiste des services du numérique HR Team, acquis en septembre dernier, a apporté au groupe un peu moins de 100 millions d’euros d’activité supplémentaire.

Experte dans la conception de systèmes électroniques embarqués, Scalian était au départ très présent dans l’aéronautique, la défense et l’aérospatiale. Si l’entreprise a pu connaître un trou d’air momentané au plus fort de la crise sanitaire, elle profite désormais à plein sur la remontée en puissance de l’aviation. Le site toulousain de Scalian, poussé par le redémarrage des programmes d’Airbus, cherche à lui seul à recruter 400 salariés.

Le groupe a aussi engagé une profonde diversification dans de nouvelles filières, comme la santé, la banque-assurance, le luxe ou la distribution. Il couvre les besoins d’un certain nombre de secteurs dans le numérique, notamment dans les systèmes d’informations, le développement d’applications ou la cybersécurité. Mais il intervient aussi dans les problématiques d’amélioration des performances des organisations : processus qualité, chaîne d’approvisionnement, contrôle de gestion de projet…