L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureLa Fnaim contre-attaque face à l’Alliance du diagnostic immobilier
Suite à la scission de ses membres diagnostiqueurs, la fédération a décidé de créer un nouveau syndicat pour porter la profession.
C’est un divorce qui n’a pas fini de faire du bruit… Fin novembre, la chambre des diagnostiqueurs de la Fnaim claquait la porte du premier syndicat des professionnels de l’immobilier après un conseil d’administration extraordinaire. Emmenés par leur président Yannick Ainouche, les frondeurs avaient alors justifié leur départ par leur volonté de lancer leur propre organisme en partenariat avec une autre fédération du diagnostic (la Fidi*), marquant ainsi leur indépendance vis-à-vis de toute autre profession. Deux mois plus tard, l’entité commune vient de voir le jour sous le nom de l’Alliance du diagnostic immobilier. Un nouvel acteur face auquel la Fnaim a déjà décidé d’agir.
D’après nos informations, la fédération des agents immobiliers vient en effet d’acter la création d’un nouveau syndicat de diagnostiqueurs en son sein. Un conseil d’administration s’est réuni en fin de semaine dernière pour en valider le principe. Une assemblée constitutive est désormais appelée à se réunir dès mars prochain pour avaliser les statuts de la nouvelle structure et désigner les premiers membres de son bureau (le président, le secrétaire général et le trésorier).
En annonçant la (re)naissance d’un syndicat pour les diagnostiqueurs, la Fnaim espère ainsi retenir une partie des 400 entreprises adhérentes que comptait son ancienne chambre. « Il s’agit pour nous d’un enjeu politique majeur tant que la question du diagnostic est devenue prédominante pour notre activité », juge Loïc Cantin, président de la fédération. De fait, les réglementations en la matière n’ont cessé de se multiplier ces dernières années : à la longue liste des contrôles obligatoires (amiante, termite, plomb…), le fameux diagnostic de performance énergétique (DPE) pèse aujourd’hui de tout son poids sur les opérations immobilières, influant même les politiques publiques, comme la récente loi interdisant les locations de passoires thermiques.
Pour la Fnaim, la partie est pourtant encore loin d’être gagnée. De sources proches du dossier, seule une soixantaine d’adhérents seraient, à ce jour, prêts à suivre la fédération dans son projet. En face, l’Alliance du diagnostic immobilier, portée par Yannick Ainouche, aurait déjà embarqué environ 200 membres de l’ex-CDI dans son sillage. En y associant les adhérents venus de la Fidi, la nouvelle Alliance table même sur près de 1 000 entreprises rattachées à terme. Ce qui en ferait alors un nouveau poids lourd syndical aux côtés de Sidiane, une autre structure, née d’une scission passée avec la Fnaim, et qui regroupe les 15 plus gros groupes du secteur (Diagamter, BTP Diagnostics, AEC Group…).
Une dette estimée à 63 000 euros
Mais la direction de la Fnaim fourbie d’autres armes. Selon nos informations, la fédération réfléchit parallèlement aux actions à mener pour recouvrer une dette (estimée à un peu plus de 63 000 euros à ce jour) dont lui serait redevable son ancienne chambre de diagnostiqueurs. Selon le syndicat, une convention signée en 2007 lors de la création du la CDI l’engageait à financer le développement de la chambre à son démarrage, à charge pour cette dernière de rembourser les investissements consentis ultérieurement. « En 2019, une première créance, estimée à 400 000 euros, avait d’ailleurs été reconnue par les deux parties, affirme un ex-dirigeant de la Fnaim. Pour soulager les diagnostiqueurs en difficulté financière, une remise de dette de 50 % avait même été actée, les 200 000 euros restants ayant fait l’objet d’un plan de remboursement. » Une partie de l’échelonnement aurait ensuite été honoré… Jusqu’en 2022, date à laquelle le nouveau président de la CDI, Yannick Ainouche, a coupé court à tout versement, jugeant les exigences financières de la Fnaim insuffisamment détaillées et justifiées. Depuis, le contentieux n’a fait que s’envenimer…
Bientôt des formations d’enseignement supérieur pour encadrer le métier de diagnostiqueur
La ministre du Logement, Valérie Létard, vient de commander à Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du management des services immobiliers, un rapport sur la création de formations d’enseignement supérieur dédiées aux diagnostiqueurs. Ce métier, qui génère aujourd’hui près d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires par an, ne dispose en effet à date d’aucune filière structurée, hormis une offre de formations continues. Le rapport doit être remis au gouvernement dans le courant du premier semestre.
(* Fédération interprofessionnelle du diagnostic immobilier)