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Énergie - Environnement

Les contours de la future banque de la rénovation énergétique

Avant le remaniement, une lettre signée de quatre ministères - dont Bercy - est venue officialiser le lancement du groupe de travail missionné pour réfléchir à cette structure qui facilitera l’attribution des aides.

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Jonathan Stutz - stock.adobe.com

Début novembre, la ministre du Logement, Valérie Létard, annonçait le lancement d’une mission pour réfléchir à la création d’une grande banque de la rénovation énergétique. Objectif : imaginer une nouvelle structure qui faciliterait et massifierait les financements des aides accordées aux propriétaires qui engagent des travaux. Si certains ont craint que ce groupe de travail - confié à Yannick Borde, président du spécialiste du logement privé et social Procivis, accompagné par deux sénatrices - ne tombe dans l’oubli suite au vote de la motion de censure… ce ne sera finalement pas le cas. Une lettre d’engagement signée de quatre ministères (le Logement, la Transition écologique, l’Énergie, mais aussi Bercy), dont l’Informé a pris connaissance, vient assurer la pérennité de la mission. Ce document, adressé le 29 novembre à Yannick Borde, fixe même à fin janvier la date butoir pour le rendu des travaux.

Étant donné les délais impartis, les rendez-vous avec les acteurs concernés sont déjà en passe d’être bouclés. « Durant cette courte période, nous allons rencontrer tous les protagonistes un par un, confie le président du groupe de travail à l’Informé. Les 7 grandes banques, mais aussi les principaux syndicats d’administrateurs de biens, les fédérations du bâtiment, l’Agence nationale de l’habitat… »

Dans ses grandes lignes, le projet vise à mettre sur pied une solution bancaire mutualisée entre les principaux établissements du marché (BNP Paribas, Société générale, LCL, La Banque Postales, Crédit mutuel, BPCE) qui seraient alors actionnaires de la structure créée pour porter le tout. Cette super banque de la rénovation n’aurait pas pour vocation de développer de nouveaux services, mais d’accélérer la distribution de tous ceux qui existent déjà sur le marché : les prêts travaux, l’éco-prêt à taux zéro, les préfinancements pour les copropriétés fragiles… « L’idée est de proposer un guichet unique, avec une offre clé en main pour tous les propriétaires, quels que soient leurs revenus et leurs statuts (bailleurs, copropriétaires), reprend Yannick Borde. Nous souhaitons aussi que cette offre puisse financer les travaux d’amélioration de l’habitat au sens large, et non pas seulement énergétiques. »

Les contours exacts de la nouvelle entité feront bien entendu l’objet des discussions à venir. D’après nos informations, la Caisse des dépôts pourrait être amenée à jouer un rôle majeur dans ce grand mécano, en apportant près de 300 millions d’euros par an pour le refinancement des projets. De même, le Crédit Logement, dont la mission consiste à garantir les prêts immobiliers attribués aux particuliers, pourrait s’engager dans le dispositif comme caution des aides accordés par la future grande banque mutualiste.

À ce stade, le choix de l’acteur qui pourrait assurer ce rôle de nouvelle banque est encore loin d’être fait. Plusieurs hypothèses sont sur la table dont une possible reconversion de l’actuel Crédit immobilier de France, établissement spécialisé dans les prêts à l’accession aux ménages modestes, dont l’activité est amenée à disparaître. « Une chose est sûre, la nouvelle structure ne nécessitera pas d’argent public supplémentaire », prévient Yannick Borde.