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Continuer la lectureLeboncoin : les nouveaux tarifs font hurler les agences immobilières
Les hausses exigées par le leader des annonces en ligne peuvent atteindre 80 %. De quoi remettre en cause le business model de certains prestataires. La colère monte.
C’est le sujet chaud qui agite la communauté immobilière en cette fin d’année. Leboncoin, qui diffuse chaque mois les annonces de 18 000 agences, a décidé d’imposer des augmentations de tarifs inédites pour la publication de ces contenus. Et ce, dès l’an prochain. Les négociations entamées entre les ...
D’après nos informations, les réseaux de mandataires - Capifrance, Optimhome, BSK, Safti, Propriétés-privées... -, seraient les premiers visés par cette nouvelle politique de prix. Plusieurs de ces enseignes - dont le modèle consiste à fédérer des commerciaux locaux rémunérés à la commission - ont récemment appris que leurs factures pourraient bondir de 30 à 45 % par an pour les trois prochaines années. « Les négociations sont loin d’être achevées, mais la volonté affichée du portail est clairement d’ajuster les tarifs des réseaux de mandataires, historiquement moins élevés, sur ceux des agences traditionnelles…. quitte à mettre à mal notre modèle économique », explique-t-on au sein d’une de ces enseignes.
Les agences traditionnelles ne sont pas pour autant épargnées. Plusieurs réseaux se sont, eux aussi, vu présenter des hausses tarifaires pouvant aller de 30 % à 50 % pour l’an prochain. « Les commerciaux de la plateforme se montrent très agressifs en première approche, même si nous comptons bien encore négocier pour obtenir des hausses moins conséquentes que celles annoncées », confie Brice Cardi, PDG du réseau l’Adresse, qui compte 350 implantations.
Pour bon nombre d’agences indépendantes, les marges de manœuvre s’annoncent toutefois serrées. Les équipes de Leboncoin ont en effet déjà affirmé leur intention de mettre fin dès janvier 2025 aux contrats avec les groupements d’indépendants (GNI, Agences Réunies…), a appris l’Informé. L’objectif est désormais de discuter en direct avec chaque boutique… et certains patrons ont déjà senti passer la douloureuse. « C’est bien simple, on me propose une augmentation de 86 % à partir de l’an prochain », explique une responsable de deux agences franciliennes qui s’acquittait jusqu’ici de 700 euros par mois par établissement pour quinze annonces publiées sur Leboncoin.
Leboncoin repris en main par des fonds anglo-saxons
S’il semble avoir pris tout le monde de court, le coup de force de Leboncoin intervient quelques mois seulement après le rachat de sa maison mère - Adevinta - par les fonds anglo-saxons Blackstone et Permira. Pour le groupe présent principalement dans six pays européens (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Italie, Espagne), le site d’annonces français représente, il est vrai, une véritable machine à cash : à lui seul, Leboncoin réalise près de 30 % du chiffre d’affaires d’Adevinta (550 millions d’euros sur 1,8 milliard en 2023). Dans l’immobilier, la position de la plateforme est telle qu’elle a même rendu dépendants une majorité de professionnels : selon Médiamétrie, Leboncoin immobilier affiche une audience moyenne de 13,5 millions de visiteurs uniques par mois… contre 5,6 millions pour SeLoger et 3 millions pour Bien’ici. Si certaines agences notamment franciliennes (où le site SeLoger est davantage utilisé que Leboncoin) annoncent leur intention de boycotter le mastodonte, peu iront probablement jusqu’au bout…
Contactée, la direction de Leboncoin n’avait pas répondu à nos sollicitations au moment où nous avons publié cet article.