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Grande conso

Unigrains part à l’assaut de l’Espagne et du Portugal

Actionnaire de nombreuses entreprises agroalimentaires françaises, le financier s’implante à Madrid pour renforcer sa présence à l’étranger. Tous pays confondus, il compte investir 2 milliards dans les dix ans.

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On le trouve derrière le champagne Taittinger, les brioches Pasquier, le restaurateur Groupe Bertrand (Hippopotamus, Burger King France…), le sucrier Cristal Union (Daddy), ou encore le transporteur frigorifique Stef… Incontournable acteur de l’agroalimentaire, Unigrains dispose aujourd’hui d’un portefeuille de 80 participations minoritaires dans des PME, ETI ou groupes coopératifs du secteur. Mais du haut de ses 60 ans, la firme d’investissement de la filière céréalière tricolore reste un animal très français. Du moins, pour l’instant. Car selon nos informations, elle vient de créer une filiale en Espagne - ce que confirme la structure à l’Informé. L’idée est d’investir 100 millions d’euros dans des entreprises agroalimentaires de la péninsule ibérique d’ici 2028, le Portugal étant aussi visé. Une poignée de deals ont pu servir de tests préalables à cette implantation, comme l’entrée d’Unigrains au capital du spécialiste de la viande de bœuf La Finca, bouclée en 2022. L’équipe d’investissement sera basée à Madrid.

Ce n’est pas la première fois qu’Unigrains s’attaque à un pays où, comme en France, le secteur agroalimentaire reste assez dominé par le modèle de l’entreprise familiale. L’investisseur est déjà présent en Italie, avec une implantation à Milan. Il s’y était lancé en 2016 au travers du Fondo Agroalimentaire Italiano, dont il avait fourni les deux tiers du capital de départ (55 millions d’euros), aux côtés d’institutionnels et de familles fortunées. Ce véhicule ayant investi la totalité de sa force de frappe, Unigrains a récemment décidé de débloquer 100 millions supplémentaires à investir, dans les cinq ans à venir.

Partout, Unigrains cherche à monter la cadence, y compris en France.  « Nous avons déjà investi 2 milliards d’euros ces vingt dernières années et nous comptons en faire autant dans les dix prochaines », confirme Maxime Vandoni, devenu directeur général de la société en 2021, après avoir officié chez Candia, Terrena et Voltalia. Jusqu’à présent, le financier misait 3 à 50 millions par dossier, pour un montant moyen d’une bonne dizaine de millions. Mais il entend désormais viser le haut de la fourchette un peu plus fréquemment. En 2030, il prévoit ainsi de porter ses fonds propres à 1,5 milliard d’euros contre 950 millions aujourd’hui. « L’augmentation sensible du rythme d’investissements reposera sur les ressources dégagées de la rotation de notre portefeuille », poursuit le patron d’Unigrains. Traduction : les cessions alimenteront les prises de participation futures, Unigrains ayant le modèle pérenne d’une société d’investissement à capital permanent (et non celui d’un fonds de private equity classique à la durée de vie limitée, en général à dix ans).

Pas question, donc, de faire appel à ses actionnaires. La structure est détenue majoritairement par l’Association générale des producteurs de blé (AGPB) et par l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM). Les autres actionnaires sont des banques (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole) et d’autres organismes du monde agroalimentaire (La Coopération Agricole, In Vivo…).

Compte tenu de sa spécialisation, Unigrains s’estime bien placé pour accompagner des entreprises dans leur transition environnementale, technologique ou industrielle, dans un contexte de changement climatique et de forte hausse des coûts dans la filière agroalimentaire. Plusieurs entités dont il est actionnaire peuvent offrir leurs services : Auxinéa intervient dans l’optimisation financière (planification, gestion de trésorerie, des risques, levée de financements…). Messis Finance œuvre dans le conseil en fusions-acquisitions… Sans compter qu’Unigrains dispose aussi en interne d’une équipe chargée de rédiger des études et notes spécialisées sur la conjoncture et les évolutions de la filière agricole et agroalimentaire.