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Grande conso

Pret a manger à la rescousse de sa filiale française

En deux ans de pandémie, la chaîne de restauration rapide a accumulé près de 50 millions de pertes dans l’Hexagone.

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MAGALI COHEN / Hans Lucas via AFP

En France, Pret a Manger déguste. Après deux années de pandémie très difficiles, l’entreprise de restauration rapide britannique a dû renflouer sa filiale tricolore en décembre dernier, en y injectant près de 25 millions d’euros. Une opération de soutien plus que bienvenue alors que, selon les dernie...

Et la situation reste délicate. Arrivée en France en 2012, Pret a Manger (« Pret » pour les puristes) dispose à ce jour de 35 points de vente dans les centres-villes ou les quartiers d’affaires et d’une dizaine dans les aéroports. « À Paris, où elle compte la majorité de ses sites, la chaîne s’est offert des emplacements incroyables, mais avec des loyers très importants, et des valeurs de fonds de commerce élevées » précise Bernard Boutboul, expert du secteur et fondateur du cabinet Gira. Pour tourner, ces adresses nécessitent un fort trafic et, malheureusement, les clients types de l’enseigne -les voyageurs et les salariés en pause express — se font moins nombreux avec un tourisme moins dynamique et un télétravail en plein essor.

Le travail à domicile représente un fort manque à gagner

Stéphane Klein, patron de l’enseigne en France et en Europe (hors Royaume-Uni), que nous avons cherché à joindre à plusieurs reprises – en vain — , précisait en décembre dernier dans la revue professionnelle Ze pros que chaque jour télétravaillé en semaine représentait pour la chaîne un manque à gagner équivalant à « 20 % de chiffre d’affaires ». Pour compenser, le restaurateur essaie d’innover. Fin 2021, il a lancé un « abonnement café ». Pour 20 euros par mois (un tarif depuis passé à 25 euros, en raison de l’inflation du prix du café), le client peut s’octroyer jusqu’à un maximum de 5 boissons par jour.

À l’instar de Pret a manger, c’est tout le marché de la restauration hors domicile qui se cherche. Selon les estimations de NPD Group les ventes auraient baissé de 5 % en 2022 par rapport à 2019, dernière année de référence, tout comme le nombre de visites (-9 %). Des chiffres globaux qui masquent néanmoins certaines disparités. Portée par les commandes à emporter, la restauration rapide aurait vu ses ventes progresser de 3 % en 2022 par rapport à 2019, alors que la restauration à table reste moins bien orientée, plombée par un repli de 25 % de la fréquentation.