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Grande conso

LVMH et Bernard Arnault veulent céder les doudounes Jott à prix d’or

En moins de deux ans, la griffe marseillaise a doublé son chiffre d’affaires, qui atteint désormais 150 millions d’euros.

Boutique Jott située sur le boulevard Saint-Germain, à Paris
Boutique Jott située sur le boulevard Saint-Germain, à Paris Google Street View - Olivier Guerrin

Deux petites années et puis s’en va. Selon nos informations, L Catterton, la coentreprise regroupant le fonds américain Catterton, LVMH et Bernard Arnault a décidé de vendre sa participation dans la marque de doudounes Jott, deux ans seulement après son entrée au capital. La société a confié un mandat de cession à Rothschild & Co pour préparer le terrain. La banque de l’avenue de Messine (dont le déménagement a déjà été acté) connaît bien le dossier, puisqu’elle a conseillé la famille fondatrice de la griffe, les frères Gourdikian (actuellement détenteurs de près d’un tiers des parts), lors de la précédente opération.

Cette sortie rapide n’est  pas le signe d’un investissement décevant, bien au contraire. « La trajectoire de Jott est exceptionnelle et L Catterton veut maximiser la performance de son portefeuille de participations », explique un banquier. En deux ans, la signature marseillaise a doublé son chiffre d’affaires, à 150 millions d’euros, pour un Ebitda proche de 45 millions d’euros. De quoi laisser espérer une excellente valorisation.

De 80 à 200 magasins en deux ans

Une telle performance a été obtenue en injectant une vingtaine de millions d’euros par an. « Depuis près de deux ans, nous avons fait des choses simples mais avec une rapidité d’exécution qui a permis de passer de 80 à 200 magasins », expliquait son patron Didier Lalance, ex-dirigeant chez Lacoste et Kering, lors d’une interview accordée à nos confrères de Fashion Network en octobre 2022. Le développement des ventes en ligne a aussi été un vecteur de croissance. Elles sont passées de 3 à 12 % sur la même période, laissant encore transparaître une marge de progression significative. « La marque est belle et son développement impressionnant, mais  la marque doit encore réussir son internationalisation », estime un connaisseur du secteur.

Créée en 2010, Jott revendique un positionnement milieu de gamme. Plus premium qu’Uniqlo, mais bien moins que Moncler, le concurrent coté à la Bourse de Milan depuis dix ans. Hors de France, la griffe dispose de filiales dans divers pays européens (au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne…) et envisage d’y ouvrir une soixantaine de magasins cette année, autant qu’en 2022. Des boutiques devraient aussi voir le jour en Italie, en commençant par Milan et Turin, puis en Pologne, en Autriche, en République tchèque et en Hongrie. Enfin, le profil monoproduit de Jott laisse progressivement place à une diversification grandissante, avec la commercialisation de différents types de vestes.

Pour mener ses projets, c’est un fonds, plus qu’un industriel, qui devrait reprendre la participation de L Catterton, a appris l’Informé. Il y a deux ans, Alvarez & Marsal Capital s’était manifesté, mais à ce stade, leur présence dans la future enchère n’est pas confirmée. Des investisseurs comme Permira, Carlyle et BC Partners sont aussi attendus, en raison de leur appétence pour le secteur des biens de consommation. « Il ne devrait pas y avoir de difficulté pour lever de la dette pour un futur LBO, car l’appétit pour l’actif est réel, confie un proche du dossier. A titre d’exemple, l’équipe dette d’Eurazeo avait financé l’opération avec L Catterton et avait par la suite accepté d’augmenter le levier d’endettement pour verser un dividende exceptionnel aux actionnaires. »

En revanche, aucun adossement à un concurrent n’est prévu, la taille de l’entreprise étant encore considérée comme trop modeste.