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Continuer la lectureAdulée par les stars, la marque de prêt à porter Ami s’ouvre à un nouvel investisseur
Il y a deux ans, la griffe créée par Alexandre Mattiussi était déjà passée sous le contrôle de Sequoia Capital China, pour accélérer le développement en Asie.
Il y a onze ans, Alexandre Mattiussi donnait naissance à une nouvelle marque de prêt-à-porter masculin en puisant dans son patronyme, Ami. Depuis, la griffe parisienne a réussi à se hisser au rang de véritable référence chez les stars. En janvier dernier, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert ou bien encore Carla Bruni Sarkozy figuraient au premier rang de son défilé de mode sur la place de la Bourse, tandis qu’Isabelle Adjani et Laetitia Casta endossaient le rôle de mannequin. Un parterre de VIP rendant la marque particulièrement « bankable » à l’international. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’Ami a discrètement décidé d’ouvrir son actionnariat à Felix Capital, à la suite d’un mandat accordé à la banque d’affaires Centerview Partners, a appris L’Informé.
Cet investisseur est notamment connu pour avoir financé des figures de la French Tech, comme la plateforme blockchain Sorare (auteur d’une levée de fonds de 680 millions de dollars, il y a un an), le spécialiste des VTC Heetch et l’expert de la livraison de produits frais et de repas Frichti. Pour autant, le secteur de la mode ne lui est pas inconnu. Le gérant britannique avait très tôt misé sur la plateforme de mode de luxe Farfetch, introduite en Bourse en 2018. En investissant chez Ami, Felix Capital se retrouve aux côtés des dirigeants, dont le président Alexandre Mattiussi (également directeur artistique) et le directeur général Nicolas Santi-Weil, ancien patron de The Kooples. Mais aussi et surtout de Sequoia Capital China - actionnaire majoritaire d’Ami depuis deux ans -, qui a décidé de rester actionnaire.
Pleins feux sur l’Amérique
Sequoia Capital China n’est autre que l’une des filiales de la prestigieuse société de gestion américaine Sequoia Capital, connue pour avoir investi très tôt chez Apple, Google, Youtube, Cisco Systems, Oracle, Airbnb et Facebook. « Sequoia a permis à Ami d’accroître ses positions en Asie, et plus particulièrement en Chine. En faisant aussi entrer Felix Capital, la griffe espère pousser les feux sur le continent américain », confie un proche du dossier. Présente à Londres, Hambourg, New York, Séoul et Tokyo, la marque parisienne est en effet fortement implantée en Chine, avec des magasins à Pékin, Shanghai, Chengdu, Chongqing, Hangzhou et Nanjing. Cet ancrage lui a permis de doper sa croissance de manière fulgurante, avec actuellement de 400 points de vente. Selon nos informations, son chiffre d’affaires 2021 (dont l’exercice fiscal s’est achevé en février 2022) est évalué à 120 millions d’euros, et pourrait franchir la barre des 200 millions d’ici l’année prochaine. « En parallèle, sa marge d’Ebitda avoisine 25 % », note un spécialiste du secteur.
Au cours des dernières années, le secteur de la mode s’est cependant marginalisé chez les investisseurs, en raison de la profonde crise qu’il traverse. Même le segment du luxe peine à sortir du lot, comme en témoigne les difficultés éprouvées par Montefiore Investment à revendre Isabel Marrant en début d’année. Le dossier, piloté par JPMorgan, avait pourtant été regardé par des pointures comme Advent International et KKR, ainsi que par des industriels du secteur comme Kering et LVMH. Mais les attentes du vendeur ont eu raison de l’enchère. Son de cloche identique chez Sezane, qui aurait revu ses ambitions à la baisse en privilégiant cette année une ouverture minoritaire auprès de Téthys Invest, la holding d’investissement de la famille Bettencourt-Meyers.