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Continuer la lectureLe plan de départs de Carrefour a déjà « séduit » 660 salariés
Ouverte cet été, une rupture conventionnelle collective vise la suppression d’un millier de postes dans les sièges français du distributeur d’ici mars 2024.
Ce n’est pas la même ruée que pour une promo sur le Nutella, mais le plan de départs de Carrefour avance bien. Selon nos informations, pas moins de 660 dossiers ont d’ores et déjà reçu leur tampon de validation des RH au 20 octobre, un chiffre à mettre en face des 979 départs prévus par ce plan de ru...
Pour inciter les candidats au départ d’ici la clôture du plan le 31 mars 2024, Carrefour a su se montrer généreux. En plus des indemnités de départs légales, le distributeur propose des indemnités additionnelles liées à l’ancienneté dont le total peut atteindre un maximum de 26 mois de salaire. D’autres primes et aides sont prévues pour des cas spécifiques (création d’entreprise, etc.), les salariés étant libérés de leur clause de non-concurrence. « Avec une rupture conventionnelle collective encore ouverte pendant cinq mois, le rythme ne me semble ni trop rapide ni trop lent » constate un observateur. Contacté par l’Informé, Carrefour nous a précisé que le projet « poursuivait son cours conformément au calendrier prévu dans le cadre du dialogue social ». Et qu’il n’était pas question de modifier le plafond de 979 postes.
Esquissé en fin d’année dernière, dans le cadre du plan stratégique du distributeur à horizon 2026, et officialisé en juin dernier, ce programme de départs intitulé « plan de transformation des sièges » vise une nouvelle organisation plus simple. Comment ? Grâce à la « mutualisation des fonctions expertes et support » et « la refonte des processus opérationnels », synonymes de réductions d’effectifs dans les sièges en France comme dans les autres pays où le groupe est présent. Cet allégement des coûts fait partie des différents leviers exploités pour atteindre 4 milliards d’euros d’économies d’ici 2026.
Afin de répondre aux interrogations des salariés sur les contours à venir du groupe, une cellule d’accompagnement psychologique a été mise en place. Celle-ci a reçu plus d’une soixantaine de personnes. Il faut dire que la réorganisation en cours du groupe inquiète les troupes. Toujours dans un souci de mutualisation, les directions des hypermarchés et des supermarchés France, jusqu’ici bien distinctes, sont en train d’être fondues dans une seule entité. Elle sera chapeautée par Bruno Lebon, jusqu’alors patron de la branche hypermarchés.
Depuis 2017 et la nomination d’Alexandre Bompard à sa tête, l’entreprise, n’a cessé de vouloir réduire sa masse salariale globale en parallèle de la relance commerciale. En 2018, le siège international du distributeur avait quitté ses locaux de Boulogne-Billancourt pour s’installer à Massy, avec un plan de départs volontaires de 2400 postes à la clé. Plusieurs autres accords de réduction d’effectifs ont suivi en France. Mais le plus important d’entre eux ne dit pas son nom. Près de 25 000 salariés ont quitté le périmètre du groupe dans le cadre du vaste programme de bascule vers la franchise opéré par Carrefour. Depuis 2018, et en tenant compte des annonces du 20 octobre révélées par l’Informé, 305 magasins sont sortis (ou s’apprêtent à l’être) du giron de la société dans l’Hexagone tout en conservant l’enseigne. Ils ont été confiés à des entrepreneurs sous forme de location-gérance. Charge à eux de redynamiser ces points de vente.