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Continuer la lectureLidl attaque Carrefour pour deux pots de fleurs
Le géant de la distribution avait commercialisé des plantes en magasin pendant une courte période de la pandémie durant laquelle c’était interdit. Le discounteur a sauté sur l’occasion pour attaquer son concurrent.
Voilà deux plantes en pot qui vont coûter 10 000 euros à Carrefour. Le distributeur, qui proposait des Poinsettias (connus sous le nom d’étoiles de Noël), des Céanothes et quelques autres variétés dans ses rayons en novembre 2020 n’en avait en réalité pas le droit. La raison ? La liste gouvernemental...
Carrefour a tenté de mener une bataille sémantique pour distinguer les plantes des fleurs, mais la cour d’appel a été assez claire. Au terme de l’analyse des textes réglementaires qui, dans cette période particulière, se sont succédés pour définir les catégories autorisées ou non à la vente, elle a jugé que Carrefour « n’a pas respecté l’interdiction de vendre des plantes dans ses établissements en violation du décret n° 2020-1310 dans sa version en vigueur entre le 2 et le 28 novembre 2020 ». Fermez le ban. Le montant que le groupe présidé par Alexandre Bompard va devoir verser à Lidl reste évidemment très modeste à l’échelle des deux géants de la distribution.
Mais cette affaire de fleurs est révélatrice du combat auquel se livrent les enseignes. Dans ce dossier précis, Carrefour nous a précisé ne pas porter l’affaire en cassation. Pour Lidl, la victoire reste avant tout symbolique. La chaîne réclamait initialement pas moins de 4,2 millions d’euros. Ce pactole se décomposait en trois volets. Tout d’abord, 873 000 euros, correspondant au montant facturé par les fournisseurs de plantes et fleurs qui n’ont jamais été livrées et ont été détruites faute de pouvoir les vendre. Ensuite, 2,8 millions d’euros pour compenser la marge attendue entre le 3 et le 28 novembre 2020 sur ces catégories de produits. Une argumentation plutôt osée, puisque la chaîne discount a calculé un préjudice basé sur des produits non autorisés à la vente par décret… ce qu’elle reprochait précisément à son concurrent. Enfin 500 000 euros à titre de réparation. Les deux premières demandes qui ne concernaient pas Carrefour ont été rejetées par les magistrats. Et pour la réparation du préjudice moral résultant de la distorsion de la concurrence le montant a été fixé à 10 000 euros. Ce qui fait tout de même cher le pot de fleurs.