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Continuer la lectureLe fonds scandinave Altor étudie une revente de Rossignol
L’emblématique marque iséroise de ski pourrait changer d’actionnaire majoritaire. Elle vise un chiffre d’affaires de 500 millions en 2026.
Après dix ans passés en compagnie du même actionnaire majoritaire, Rossignol voit se profiler l’étape d’après. Selon nos informations, le fonds scandinave Altor serait prêt à remettre en jeu sa position au capital de la marque centenaire, indissociable des sports de montagne. La banque d’affaires Rothschild & Co aurait été missionnée pour l’aider à préparer le terrain à une sortie du capital, a appris l’Informé de plusieurs sources. L’opération en serait encore à un stade assez préliminaire : toutes les options sont à l’étude, que ce soit l’entrée d’un autre investisseur comme celle d’un rachat par un autre acteur du secteur.
Altor n’est pas seul au capital de Rossignol. On y trouve aussi IDG Capital, un fonds d’investissement qui avait pris une participation de 20 % en 2018 pour aider l’entreprise à percer en Chine. De même, Rossignol peut compter sur la présence de Sandbridge Capital, une société d’investissement américaine axée sur la mode et le luxe qui bénéficie des services de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin en tant que « senior advisor ».
La perspective d’un changement d’actionnaire survient alors que Rossignol s’est fixé un plan d’affaires ambitieux, baptisé Ascension 2026. L’objectif est d’atteindre les 500 millions de chiffre d’affaires, là où son dernier exercice (clôturé au 31 mars 2022) s’était soldé par 313 millions d’euros de vente. Pour l’année fiscale 2022-2023, le groupe a d’ores et déjà annoncé que l’activité atteindrait sans doute un niveau record - une source évoque des ventes comprises entre 350 et 400 millions d’euros, pour un Ebitda de 35 à 40 millions. Les difficultés liées au Covid-19, qui avaient comprimé les revenus à 264 millions en 2020-2021, semblent être du passé. La fermeture des stations de ski, à l’hiver 2021, avait contraint Rossignol à supprimer 86 postes via un Plan de sauvegarde de l’emploi. La société compte aujourd’hui 650 salariés en France, soit la moitié de ses effectifs dans le monde (1 230 collaborateurs).
Moindre dépendance aux sports d’hiver
Au bord du dépôt de bilan en 2008 à une époque où elle appartenait à Quiksilver, l’entreprise récolte progressivement les fruits de sa diversification en dehors des équipements de sports d’hiver. Rossignol est en effet devenue une marque de vêtements et de chaussures à part entière. « Aujourd’hui, 20 % du chiffre d’affaires est réalisé dans le textile, contre 5 % en 2015, expliquait ainsi le patron, Vincent Wauters, dans une interview à BFM TV mi-mars. En France, cela grimpe même à 40 % ». Le dirigeant belge a pris les commandes du groupe français début 2021 après avoir piloté le canadien Arcteryx (textiles techniques) et le britannique Hunter Boots. La percée de Rossignol dans les vêtements accompagne par ailleurs un développement dans des sports se pratiquant toute l’année, comme le trail ou la randonnée, sans oublier le vélo. L’entreprise commercialise toute une gamme de VTT à son effigie, classiques ou électriques. Elle s’est en revanche séparée de deux marques de vélo, Felt et Time, plus axées sur la course et le haut de gamme quelques années après les avoir rachetées.
Rossignol n’en néglige pas moins les sports d’hiver, où il est aussi connu au travers des marques Dynastar et Lange. Il y revendique des parts de marché importantes : 17 % dans le ski alpin et même 23 % dans le ski nordique. La marque a choisi de miser sur le matériel éco-responsable pour se développer. L’une de ses trois usines françaises, à Sallanches (Haute-Savoie), s’est récemment lancée dans la fabrication d’une gamme de ski composé à 77 % de matières recyclables.