L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureChez Danone, le projet de réorganisation Neo tombe à l’eau
Le projet de mutualisation des forces de ventes et fonction support des différentes entités de Danone en France n’a pas été validé par les syndicats maison. Un gros couac pour la direction, qui comptait sur Neo dans le cadre de sa stratégie de relance.
Les deux années d’échanges entre la direction de Danone France et les différents syndicats autour du projet Neo viennent de se conclure par… un échec. Selon nos informations cet accord important, portant sur la mutualisation des forces de ventes et des fonctions support des différentes entités de Dan...
Cet échec est un sérieux couac pour la direction, qui, avec Neo, espérait -enfin- achever le vaste plan de réorganisation et de relance baptisé Local First, lancé en 2020. En lieu et place d’un fonctionnement mondial par métier (les eaux, les produits frais, la nutrition médicale ou infantile), Danone a tout remis à plat pour passer à une organisation par zones géographiques. Mais en France, le projet Neo divise. Son objectif est d’offrir plus d’efficacité en regroupant dans un seul ensemble les salariés des services support et commerciaux issus de branches différentes, afin de limiter le nombre d’interlocuteurs pour les clients distributeurs, grossistes, etc. Problème, les salaires et avantages de ces employés peuvent être très différents à fonctions équivalentes, compte tenu de l’histoire du groupe, construite à coups d’acquisitions et d’intégrations. Par exemple, les conditions de la branche eaux (marques Volvic, Evian) sont notoirement plus favorables qu’ailleurs. Alors que la direction ne promettait pas une harmonisation par le haut, le dialogue social s’est tendu, comme l’Informé le révélait récemment.
« En l’état actuel des choses, le projet tel qu’il nous a été présenté est avorté », estime un salarié. Une version confirmée par le groupe, qui, contacté par l’Informé, a déclaré « regretter cette situation » : « l’accord prévu sur le nouveau statut social ne pourra pas être proposé aux collaborateurs » a-t-il ajouté. Le géant du CAC 40, pour qui la France représente 8 % du chiffre d’affaires mondial, n’a pas précisé s’il souhaitait rouvrir des discussions sur des évolutions ou réévaluations du projet Neo, initialement prévu pour être opérationnel en 2025. Il a ajouté avoir « la volonté d’aller chercher des opportunités pour soutenir un modèle plus durable pour Danone France », et « continuer à aller chercher de la simplification ». Mais sans préciser sous quelle forme, ni si un plan B est prévu dans l’immédiat. Olivier Pechereau, nouveau directeur général de Danone France depuis le mois de janvier (en provenance du groupe PepsiCo), démarre donc son mandat en marchant sur des œufs.