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Transports - Auto

Voitures électriques : Stellantis crée une entité dédiée à l’achat des métaux rares

Pour réduire sa dépendance aux fournisseurs de cobalt ou lithium, la maison-mère de Peugeot et Citroën confie à Nicolas Morel une nouvelle direction dédiée.

La Citroën Oli, le concept-car de pick-up 100 % électrique présenté en septembre 2022 par le constructeur  français, filiale de Stellantis.
La Citroën Oli, le concept-car de pick-up 100 % électrique présenté en septembre 2022 par le constructeur français, filiale de Stellantis. ESRA TASKIN / Anadolu Agency via AFP

Alors que les approvisionnements en matières premières se compliquent, Stellantis s’organise. Le géant automobile (Jeep, Peugeot, Citroën, Fiat, Opel…) crée une entité visant à garantir les ressources en lithium, cobalt, ou encore niobium nécessaires à la fabrication de ses batteries, selon nos informations. La structure en cours de gestation sera logée au sein de la direction des achats et de la supply chain, dirigée par Maxime Picat. « Nous avons choisi de regrouper dans une même entité les spécialistes de ces marchés stratégiques auparavant rattachés à des directions différentes, confirme une source à la direction du groupe. L’objectif est de bénéficier d’un effet de masse sur le sujet et de dégager plus d’efficacité sur le long terme. »

La nouvelle entité sera pilotée par Nicolas Morel, un membre du « Top executive team » de Stellantis, le comité exécutif élargi de 41 membres que Carlos Tavares a réuni autour de lui après la fusion PSA-Fiat. Cet ingénieur issu de Centrale Paris a fait l’ensemble de sa carrière dans les bureaux d’études du groupe PSA, qu’il a rejoints en 1992. Lors de la création de Stellantis en janvier 2021, il en a pris les fonctions de directeur adjoint de l’ingénierie. Il était aussi responsable des centres techniques pour la région Europe-Moyen-Orient-Afrique. Nicolas Morel prendra ses nouvelles fonctions le 1er avril prochain, en conservant sa place dans le « Top executive team ».

L’objectif de l’entité métaux rares est clair : permettre aux futures usines de batteries du groupe de tourner sans accroc d’approvisionnement. Le risque de pénurie pour les industriels français a été mis en évidence par le rapport que l’ancien président de PSA Philippe Varin avait remis en janvier 2022 à la ministre de transition écologique Barbara Pompili. Le gouvernement avait alors décidé de consacrer un milliard d’euros du plan France 2030 à « sécuriser nos approvisionnements en ressources minérales indispensables pour parvenir à la neutralité carbone en 2050 ». Depuis 18 mois, Stellantis a lancé plusieurs projets de gigafactory de batteries, à chaque fois via une coentreprise avec un partenaire industriel. Des accords ont été passés avec Samsung ou LG Energy Solution pour alimenter ses lignes d’assemblage sur le continent nord-américain, ou avec TotalEnergies et Mercedes-Benz pour porter le projet ACC en France.

« La structure matériaux rares prendra de l’ampleur au fur et à mesure que les modèles du groupe passeront à l’électrique, poursuit-on chez Stellantis. Nous devons être moins dépendants de quelques fournisseurs étrangers et éviter le plus possible de subir les surenchères ». La nouvelle entité devra permettre de réduire le coût de revient de leurs véhicules électriques, dont le prix est aujourd’hui supérieur d’environ 20 000 euros à celui des voitures thermiques de la même gamme. Lors du dernier Mondial de l’automobile à Paris en octobre, le directeur général de Stellantis prévoyait d’atteindre en 2026 « l’égalité de la structure des coûts » entre les deux catégories : grâce à une augmentation des volumes, le coût de revient moyen de l’électrique devrait se rapprocher du thermique. Carlos Tavares rappelait toutefois que le prix de l’électrique était « fortement exposé au tarif des matières premières » et donc « beaucoup plus volatile ».

Concernant les pénuries de semi-conducteurs, Stellantis a été affecté comme l’ensemble de l’industrie, mais le groupe n’entend pas pour autant créer une autre entité chargée de s’assurer de l’approvisionnement de ces composants électroniques tout aussi stratégiques. « Le sujet de Stellantis, c’est l’électrique et les batteries, le problème des semi-conducteurs est celui de nos sous-traitants », avait affirmé Carlos Tavares lors d’un séminaire interne.