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Continuer la lectureBornes de recharge : Atlante et Stellantis lancent leur déploiement en France
Le groupe italien veut devenir leader de la recharge électrique ultra-rapide en Europe du Sud. Il est soutenu par Stellantis, maison mère de Fiat, Peugeot et Citroën.
Un nouveau réseau de bornes électriques se déploie en France. Selon nos informations, d’ici quelques jours, l’italien Atlante raccordera sa première station de recharge ultra-rapide pour voitures électriques dans l’Oise. Cette filiale du groupe NHOA a choisi comme premier point de chute tricolore une concession du géant Stellantis. Ensemble, ils ont créé la société Free2Move eSolutions, qui fournit la technologie de recharge (matériel et logiciel), et se sont entendus sur un plan de développement. Atlante vient de signer un contrat d’équipement de deux des plus importants réseaux de concessionnaires du constructeur automobile (Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep,… ) dans l’Hexagone, pour plusieurs dizaines de sites. Il fournira, au total, plusieurs centaines de points de charge de 250 kW à 300 kW, qui permettent de ravitailler les batteries d’un véhicule en 15 à 30 minutes.
Et ce ne sera qu’une première étape pour Atlante. « Nous prévoyons de connecter une centaine de stations au réseau électrique dans les 18 prochains mois, ce qui doit nous permettre d’atteindre notre objectif de 2000 points de charge installés en France d’ici 2025 et 15 000 cinq ans plus tard, indique Jacques Galvani, directeur général de la société en France. Le groupe vise clairement le leadership d’ici 2030 en Europe du Sud (Italie, France, Espagne et Portugal) avec 35 000 points de charge ». Le sud du continent étant bien moins équipé que le Nord, les perspectives de croissance y sont plus fortes. La France, par exemple, manque encore de bornes - le pays en compte 82 000 aujourd’hui (+53% en un an, selon l’association Avere-France) - et le gros du parc est constitué de points de charge lente, nécessitant jusqu’à 12 heures d’attente. Atlante veut se différencier avec sa technologie de recharge rapide.
Pour alimenter ces 2000 stations dans l’Hexagone, la société a signé une convention de raccordement avec Enedis, la filiale d’EDF qui gère le réseau de distribution d’électricité. Pour leur trouver un emplacement, elle multiplie aussi les négociations avec des centres commerciaux, des propriétaires de supermarchés, des hôtels et restaurants situés à proximité d’axes de circulation et des sites sportifs, des golfs notamment. Et n’oublie pas les municipalités comme les sociétés autoroutières, enchaînant les appels d’offres. Atlante a déjà remporté un premier contrat pour équiper quatre stations d’autoroute, qui comprendront chacune vingt à trente points de charge. Mais la concurrence est rude sur ce segment qui s’annonce très lucratif. Des acteurs puissants sont déjà bien implantés : la filiale Ionity des constructeurs BMW, Mercedes, Ford, Audi, Porsche et Hyundai, Allego du fonds d’infrastructures Meridiam, le néerlandais Fastned, le pétrolier TotalEnergies et Tesla avec ses « Superchargeurs ».
Pour faire la différence, le groupe met en avant la consommation d’électricité 100 % verte, issue de ressources hydrauliques, éoliennes ou photovoltaïques fournies par EDF pour l’instant. « Nous voulons combiner dans nos installations, interconnectées entre elles, la partie charge, le stockage et la production locale d’électricité photovoltaïque, prévoit Jacques Galvani, ingénieur des Mines et ancien élève de l’ENA, qui a notamment participé au lancement du producteur d’électricité photovoltaïque GreenYellow (cédé par Casino au fonds Ardian). C’est la garantie pour les conducteurs qu’ils pourront charger leurs véhicules électriques à nos bornes même en cas de pic ».
S’il atteint ses objectifs, le déploiement du réseau d’Atlante nécessitera de lourds capitaux. Sa société-mère NHOA, contrôlée par le producteur de batterie taïwanais TCC, a réalisé une augmentation de capital de 140 millions d’euros fin 2021. L’envolée de son chiffre d’affaires, passé de 30 millions d’euros à 160 millions d’euros l’an dernier, lui donne confiance en l’avenir : elle a confié un mandat à Goldman Sachs pour ouvrir son capital à des tiers. Plusieurs investisseurs de long terme, comme le spécialiste italien des concessions Atlantia, étudieraient le dossier.