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Continuer la lectureVélos en libre-service : les nouveaux plans de Lime, Dott et Tier pour Paris
Alors que les trottinettes seront bannies de la capitale au 31 août, les opérateurs revoient leur stratégie. Le leader Lime, notamment, mise sur une forte hausse de sa flotte de vélos.
Lime repart au combat. Alors que les Parisiens ont voté la fin des trottinettes partagées dans leur ville, la start-up américaine pousse les feux sur les vélos électriques. En début d’année déjà, le leader de la micromobilité, comme on dit aujourd’hui, a discrètement obtenu de la Mairie de Paris de déployer davantage de deux-roues dans les rues de la capitale. Il est désormais autorisé à en implanter 10 000, contre 7 500 en 2022. Mais Lime ne compte pas s’arrêter là, selon nos informations. L’entreprise soutenue par des grands noms de la tech comme Uber ou Alphabet, la maison mère de Google, réfléchit à réclamer à l’Hôtel de Ville une nouvelle augmentation de son parc de véhicules, à 15 000 cette fois. Une manière de compenser, à l’unité près, les 5 000 trottinettes qu’il doit retirer, comme ses concurrents, du macadam parisien avant le 1er septembre.
Si l’opérateur dément pour l’instant avoir déposé une demande officielle, le groupe confirme son intérêt pour le marché parisien, jugé « porteur » malgré l’arrêt des trottinettes. Il y a d’ailleurs dégagé un premier exercice à l’équilibre en 2022, selon nos informations. « Lime peut se permettre de poursuivre son offensive dans la capitale, juge un bon observateur. Il a en stock un grand nombre de vélos disponibles à la suite des échecs sur les appels d’offres à Grenoble ou à Bordeaux en 2022 ».
L’équipe d’Anne Hidalgo n’est pas fermée à un accroissement de l’offre de vélos électriques. À quelques mois des Jeux Olympiques en 2024, elle veut notamment pouvoir fournir des solutions de transport vertes aux bataillons de touristes prêts à déferler dans la capitale. 3 000 Velib’ supplémentaires seront d’ailleurs déployés par Smovengo d’ici 2024. Mais l’exécutif municipal tient à poser des lignes rouges, comme maintenir un certain équilibre entre les trois opérateurs, Lime, Dott et Tier. « Ils pratiquent des prix plus ou moins agressifs et des services différents - certains proposent un paiement au trajet, d’autres un abonnement par exemple — et les utilisateurs tiennent à cette complémentarité, juge-t-on à l’Hôtel de Ville. Nous tenons à ce que chacun trouve sa place ». Autre impératif : éviter une invasion incontrôlable des rues et des trottoirs. « Si chacun des trois opérateurs déploie 15 000 vélos à Paris, on risque de reproduire très vite les mêmes problématiques de mauvais stationnement et d’encombrement qu’en 2019, quand douze opérateurs de trottinettes en libre-service ont débarqué en même temps », juge un élu parisien.
Mais les concurrents de Lime ne préparent pas de tels déploiements. L’Allemand Tier Mobility, dont 5 000 vélos circulent à Paris, se donne le temps de la réflexion avant de réclamer une nouvelle augmentation de sa flotte. « Nous privilégions pour l’instant de densifier notre réseau autour de Paris, affirme un porte-parole. Nos vélos et trottinettes sont déployés dans 80 communes d’Île-de-France où ils complètent bien l’offre de transports en commun ». Cette expansion permet, en outre, d’occuper les équipes jusqu’ici dédiées aux trottinettes. Après les intercommunalités de Saint-Quentin-en-Yvelines ou de Val d’Europe, de nouvelles villes seront bientôt couvertes avec quelques milliers de nouveaux véhicules, comme à Grand Paris Seine & Oise et au Chesnay prochainement. De son côté, Dott, sur le point d’engager un plan social (cf. encadré), se montre aussi prudent. Disposant actuellement de 5 000 véhicules, il a bien réclamé à la Mairie de Paris de pouvoir augmenter son contingent, mais de 2 500 vélos supplémentaires seulement.
Dans ce contexte social compliqué, l’offensive de Lime fait grincer des dents. « La Mairie de Paris devra trouver un système équilibré pour chaque opérateur, met en garde un concurrent. L’objectif reste que les vélos soient utilisés plusieurs fois par jour et correctement stationnés sur la voie publique. » Une nouvelle réunion entre les services de la Ville et les opérateurs est prévue fin juin. Ce « comité de suivi vélo » devrait décider de transférer aux vélos électriques les emplacements de stationnement réservés jusqu’ici aux flottes de trottinettes. Mais il pourrait être aussi l’occasion d’un premier échange sur le futur modèle des micromobilités dans la capitale.
Dott : un plan de départs après l’arrêt des trottinettes
Pénalisé par l’interdiction des trottinettes dans la capitale, Dott s’apprête à déclencher un plan social. La start up, créée par deux Français à Amsterdam, est actuellement en discussion avec les partenaires sociaux et devrait présenter son plan aux salariés début juin, selon nos informations. Il pourrait concerner 50 postes à Paris sur la centaine d’opérateurs que compte Dott sur le terrain. En particulier, le centre de maintenance des trottinettes, à Rungis (Val-de-Marne) sera fermé. « Notre priorité est de reclasser sur d’autres fonctions les salariés dont le poste est supprimé, nous indique une source interne. Certains pourront basculer sur l’activité vélo et nous proposerons à d’autres de rejoindre les villes où Dott est implanté. L’ampleur des départs dépendra donc du nombre de collaborateurs qui accepteront de déménager. » Une quinzaine de salariés parisiens pourraient ainsi être transférés vers les équipes de Lyon, Marseille, Grenoble ou Bordeaux.