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Transports en Île-de-France : le Medef claque la porte à Valérie Pécresse

Le patronat francilien a annulé sa participation à une réunion avec la présidente de région prévue ce jeudi. En cause : l’augmentation prévue de sa contribution au financement des métros, RER et bus de la région.

Présidente de la région Île-de-France, Valerie Pécresse préside IDFM (ex-Stif), l’autorité organisatrice des transports dans la région.
Présidente de la région Île-de-France, Valerie Pécresse préside IDFM (ex-Stif), l’autorité organisatrice des transports dans la région. ARTHUR NICHOLAS ORCHARD / Hans Lucas via AFP

« Il ne reste plus rien à négocier, cela ne sert à rien de participer à une réunion », tonne un représentant du patronat francilien. Depuis quelque temps, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et de l’autorité régionale de transports IDFM, insistait pour rencontrer le syndicat patronal concernant la hausse à 3,2 % du versement mobilités acquitté par les entreprises pour financer les transports. Cette augmentation a été décidée avec le gouvernement fin septembre. Mais, selon nos informations, le syndicat patronal, présidé en Île-de-France par Daniel Weizmann, vient d’annuler la réunion qui devait se tenir avec elle ce jeudi 19 octobre. « Les déclarations de la présidente d’IDFM ne laissent aucune place à la négociation sur l’augmentation du versement mobilités, qui pénalisera encore plus l’année prochaine les entreprises, qui sont déjà les premières contributrices des transports franciliens », explique un de ses représentants.

De fait, Valérie Pécresse s’est entendue fin septembre avec le gouvernement pour combler le trou dans le budget d’Île-de-France Mobilités (IDFM) creusé par la création de nouvelles lignes de métro et de tramways : 800 millions d’euros étaient à trouver dès 2024 et jusqu’à 2,7 milliards en 2031. Les deux parties se sont entendues pour relever la manne versée par les entreprises de Paris et des trois départements de la petite couronne au budget d’IDFM. Ce montant passera de 2,95 % à 3,20 % de leur masse salariale.

La décision est d’autant plus gravée dans le marbre qu’elle a été inscrite dans un amendement proposé par le député LR Jean-Louis Thiériot au projet de loi de finances pour 2024, que le gouvernement a accepté d’intégrer au texte retenu dans le cadre du 49.3 déclenché ce mercredi 18 octobre par la première ministre Élisabeth Borne. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’était opposé à la mesure, comme à toute hausse de la fiscalité, comme l’ont noté Les Échos. Mais il n’a donc pas été suivi. « Ce sera au moins 380 millions d’euros de pression fiscale supplémentaire pour les entreprises franciliennes, se plaint un représentant du Medef Paris. C’est une situation absolument injuste car les entreprises assument déjà 55 % du coût du système de transport en Île-de-France, via leur versement mobilités et le remboursement pour moitié du pass Navigo de leurs salariés ».

Le patronat francilien a aussi calculé que sa contribution avait augmenté de 1 milliard d’euros en 4 ans. Signe du fort mécontentement actuel, plusieurs responsables locaux ont publié une tribune « Versement mobilité : impôts ou avenir, il faut choisir » dans les Échos. Un collectif a même lancé une pétition contre l’augmentation de la fiscalité en Île-de-France, qui est désormais soutenue par le Medef Île-de-France. Elle a reçu près de 5000 signatures.

Pour éponger les pertes, l’accord entre la présidente d’IDFM et le ministre des transports Clément Beaune prévoit aussi une hausse de la contribution des départements et de la région, le fléchage d’une part de la taxe de séjour payée par les touristes et une diminution de la redevance due par IDFM à la Société du Grand Paris. Objectif : limiter à moins de 3 % la hausse du pass Navigo (qui passerait à 86 euros par mois en 2024), alors que la forte augmentation intervenue en 2023 (de 75,20 à 84,10 euros) avait été très critiquée.

« C’est regrettable que le Medef n’ait pas souhaité participer à ce moment de discussion, déplore-t-on dans l’entourage de Valérie Pécresse. Nous souhaitons toujours un accord qui permette le juste partage des efforts en faveur des transports des Franciliens. »