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Continuer la lectureSandero hybride, citadine 100 % électrique… le plan de François Provost pour Dacia
Le successeur de Luca de Meo à la tête de Renault réclame un coup de pouce fiscal de l’État pour les petites « wattures », qui sont les véhicules les moins polluants du marché.
Luca de Meo avait su ménager son effet. En février dernier, l’ancien patron du groupe Renault annonçait son ambition de développer, en 18 mois, une petite Dacia 100 % électrique, suscitant surprise et appétit. Mais depuis, l’Italien s’en est allé vers d’autres aventures, nommé à la tête du géant du l...
Son tarif restera inférieur à 18 000 euros (hors aides publiques), soit 2 000 de moins que la future Twingo, attendue dans les concessions à partir de mars-avril. La différence de prix entre les deux marques a tendance à se réduire du fait de la multiplication des équipements et des options chez Dacia (écrans multimédia, aides à la conduite, …). « Tout le travail engagé ces dernières années a été de tuer le positionnement ‘low cost’ de Dacia, pour promouvoir celui de ‘value for money’ (rapport qualité/prix ndlr), explique un cadre de Renault. Il y a eu un gros travail de renforcement de la personnalité de la marque avec la mise en avant de l’outdoor’ », des voitures taillées pour les routes de campagne et de montagne. Les designs sont désormais plus travaillés qu’au départ et l’équipement a augmenté même s’il reste inférieur aux modèles Renault. Pour le reste, les deux citadines sont basées sur la même plateforme AmpR Small, qui est déjà utilisée pour la nouvelle Renault 5 et qui sera aussi celle de la Nissan Micra.
Pour Dacia, ce nouveau modèle, qui n’a toujours pas de nom de baptême, marquera une nouvelle étape vers l’électrification de sa gamme, amorcée en 2021 avec le crossover citadin Spring, qui s’est vendu à près de 200 000 exemplaires en Europe. Mais le marché tardant à une montée en puissance des motorisations 100 % électriques - du fait de prix trop élevés, elles ne représentent que 15 % des ventes totales - Dacia parie pour l’instant sur une simple hybridation de son mix produits, avec un recul des ventes de moteur thermiques pour respecter les normes européennes CAFE (corporate average fuel economy).
Aucune autre version 100 % électrique n’est, pour l’instant, prévue pour le reste de la gamme Dacia dans le plan à 5 ans que François Provost doit présenter en mars à l’occasion d’un rendez-vous investisseurs (« Capital Market Day »). L’énorme chantier de l’électrification de Dacia attendra. Selon nos informations, la marque roumaine travaille seulement à une génération hybride pour le Sandero, véhicule le plus vendu en Europe en 2024 car très bon marché (12 990 euros). Elle complétera les versions hybrides déjà sur les routes du Jogger, du Duster et du Bigster.
Pour ces modèles de grande taille, le passage avant 2030 à une motorisation full electric est jugé prématuré par le groupe. D’autant que la Commission européenne devrait assouplir, le 10 décembre prochain, l’objectif du tout électrique en 2035. « L’évolution lente du marché nous contraint à avancer progressivement, confirme un dirigeant. Il faut faire en sorte que les prix restent raisonnables, cela reste le positionnement de la marque. »
Pour limiter l’inflation liée au passage à l’électrique, Renault se tourne vers l’État pour que la future petite citadine Dacia et la Twingo deviennent le plus accessibles possible et que les volumes de vente décollent. Le groupe, comme Stellantis, réclame d’une part une pause dans la réglementation des voitures mises sur le marché, l’accumulation de normes ayant conduit à en renchérir le prix (aide au freinage d’urgence, régulation automatique de la vitesse, …).
Surtout, le constructeur fait le forcing en coulisses pour obtenir une baisse de la TVA sur les ventes de petits véhicules électriques, selon nos informations. Avec un argument massue : ces modèles très légers, emportant des batteries de petite taille, sont les moins polluants du marché. Leur massification permettrait d’enfin réduire fortement les émissions de CO2 liées au transport du quotidien.
Mais le combat n’est pas gagné d’avance, loin de là. La TVA reste un outil difficile à manier car soumis à une directive européenne. L’exécutif, qui a placé comme priorité la « préférence européenne », juge qu’un tel coup de pouce profiterait aussi aux véhicules produits hors d’Europe… et notamment aux marques chinoises qui ont lancé une vaste offensive commerciale. Il n’est pas plus enthousiaste à l’idée de subventionner l’usine Renault de Novo Mesto en Slovénie, qui produira la Twingo et de la petite Dacia électrique. La mesure serait bénéfique surtout pour Renault mais elle se révélerait très coûteuse pour les finances nationales à court terme et sans effet direct en faveur de l’emploi dans l’Hexagone.