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Transports - Auto

Le sous-traitant automobile Novares va encore changer de mains

Empêtré dans les déboires de son autre société, First Brands, l’américain Patrick James doit lâcher cet industriel de 9 000 salariés qu’il avait acquis en avril dernier.

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Deux changements de propriétaire en moins d’un an. C’est ce sort peu commun que s’apprête à connaitre l’équipementier automobile français Novares. Autrefois connu sous le nom de Mecaplast, ce grand spécialiste de l’injection plastique fournit des pièces de moteur, poignées de portes, aérateurs et aut...

Faut-il faire le lien entre l’effondrement de First Brands et le nouveau changement de propriétaire de Novares, sachant que le Français ne dépendait pas du fabricant américain ? Le mouvement s’explique plutôt, à en croire plusieurs sources, par le montage mis en place par Patrick James pour racheter Novares. Ses entités mobilisées dans le rachat de l’industriel tricolore avaient contracté un financement relais pour l’opération, comme l’avait révélé le Wall Street Journal - qui évoquait un prêt garanti par… First Brands. Cette dette avait par définition vocation à être rapidement remboursée (ou remplacée par un autre emprunt), à la rentrée. Mais elle n’a pas pu être refinancée à l’échéance, c’est-à-dire en septembre. En conséquence, et conformément à ce que prévoyait le contrat de prêt, Patrick James s’exposait à une suspension de sa position de contrôle. Ce qui a été effectué : ses droits de vote ont été transférés à un « trustee », chargé d’administrer provisoirement la participation dans Novares. Une solution transitoire en attendant le changement de contrôle forcé au profit de Deva Capital.

Méconnue sur le marché, cette société d’investissement est liée à Santander. La banque espagnole (par ailleurs connue comme l’un des multiples créanciers de First Brands) a initié la création de cet investisseur en 2019, doté d’un capital de départ d’un milliard d’euros pour racheter des dettes de sociétés en difficulté. Son équipe de direction comprend des anciens du fonds Lone Star, mais aussi de Morgan Stanley ou de Goldman Sachs. « Chez Novares, Deva Capital n’a pas forcément vocation à s’installer non plus dans la durée, son arrivée est une solution provisoire en attendant d’y voir plus clair », explique un proche de l’équipementier.

Malgré un passage éclair aux manettes, Global Technologies a tout de même eu le temps d’imposer une nouvelle équipe de direction. Emmenée par Frédéric Sipahi (un ancien dirigeant de l’équipementier italien Sogefi), elle a rapidement pris la décision d’optimiser ses capacités de production en fermant deux sites, en Slovaquie et en Serbie, qui comptaient quelques centaines de salariés. Cette action a eu pour effet de générer un sensible surplus d’activités sur les sites français « où les capacités sont rapidement arrivées à bloc avec des objectifs dépassés et une remontée de la rentabilité », dixit un proche du dossier.

Novares a par ailleurs décidé d’une hausse de ses prix - relayée également par le Wall Street Journal, qui évoque des augmentations allant jusqu’à 35 %. Au-delà du rapatriement en France de l’activité en Slovaquie et en Serbie, la justification était apparemment de répercuter aux clients le coût élevé de son approvisionnement en matières premières et en énergie. Une décision qui a permis d’améliorer la rentabilité rapidement (sachant que la marge d’Ebitda du groupe serait ressorti à un peu moins de 10 % en 2024). « Cela n’est toutefois pas sans risques à moyen et long terme, pointe un connaisseur du secteur automobile. Certes, il est très difficile pour un client constructeur de changer de fournisseur du jour au lendemain, notamment parce qu’il faut avoir à disposition des moules pour la production des pièces. Mais c’est un jeu dangereux. » L’augmentation de ses prix n’aurait toutefois pas fait partir les donneurs d’ordres, même si une source reconnaît que « les négociations ont été particulièrement dures avec Stellantis. » Un seul client aurait choisi d’aller voir ailleurs depuis l’arrivée de Global Technologies aux commandes, en l’occurrence Volvo. Mais il n’y aurait pas de liens avec la hausse des facturations : le départ du constructeur suédois (propriété du chinois Geely) aurait été décidé avant le changement de contrôle

Reste à savoir comment Novares va affronter l’avenir, dans un marché automobile européen compliqué. « Si les sites de production ont des années d’activités devant eux, la suite est moins évidente », décrit une source proche de l’entreprise. Car les centres techniques dont dispose Novares en France tourneraient au ralenti. C’est sur ces sites situés dans le Pas-de-Calais et en Isère (sans oublier un autre basé à Monaco) que les ingénieurs de l’équipementier planchent sur des nouveaux projets que lui confient les constructeurs, jusqu’au prototypage, avant mise en production. La question d’une réinjection de fonds propres dans l’ex-Mecaplast par le nouvel actionnaire est également sur la table.