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Transports - Auto

Renault-Nissan : un accord attendu à la fin du mois

Selon nos informations, les principaux sujets ne font plus débat entre les partenaires de l’Alliance mais de nombreux détails restent à régler. Nos précisions.

Renault Group's Chief Executive Luca De Meo addresses a Capital Market Day in Paris on November 8, 2022, to present an update on the group's strategy and the mid-term financial outlook of
Renault Group's Chief Executive Luca De Meo addresses a Capital Market Day in Paris on November 8, 2022, to present an update on the group's strategy and the mid-term financial outlook of "Renaulution" plan. (Photo by Eric PIERMONT / AFP) ERIC PIERMONT / AFP

Il va falloir patienter. L’accord scellant le nouveau cadre de l’Alliance entre Renault, Nissan et Mitsubishi ne sera pas annoncé ce mercredi 7 décembre comme certains le prévoyaient. Les partenaires auraient pu en dévoiler le contenu à l’occasion de l’« Alliance operating board » qui les réunissait en ce début de semaine à Paris. Mais « ça bataille sur tous les détails », soufflent plusieurs sources au fait des négociations. Ces observateurs avertis s’attendent désormais à un deal « en fin d’année voire en début d’année prochaine », même si, échaudés, ils se refusent maintenant à indiquer une date précise. « Les annonces successives d’échéance, le 8 novembre pour le « Capital market day » de Renault puis encore une semaine plus tard, laissent penser qu’il y aurait un blocage, ce qui n’est pas le cas », assure un bon connaisseur du dossier.

Chez Renault comme chez Nissan, chacun s’affirme « optimiste » et « toujours confiant » quant au succès des négos. Depuis l’été, les deux groupes sont en discussion très serrée pour redéfinir l’architecture de l’Alliance qui les réunit depuis 1999. « Ils en ont besoin pour redonner un nouvel élan à un partenariat vieux de vingt ans », juge un proche. Les conseils d’administration de Nissan et de Renault doivent valider le deal, avant que Mitsubishi, qui ne participe pas aux pourparlers sur la gouvernance et les participations croisées, ne donne ensuite son aval.

Selon nos informations, les principaux points du texte font déjà l’objet d’accords de principe. L’entrée de Nissan dans le capital d’Ampere à hauteur de 15%, la future entité «électrique et software » de Renault, n’est plus un obstacle pour son associé japonais : « les points de blocage ont été contournés », nous dit-on. Les positions de chaque partenaire au capital de l’autre ne font plus débat non plus : Renault, actuellement actionnaire à 43 % de Nissan, pourrait baisser sa participation à 15 %. Les 28% de titres restants seraient alors confié à un trust, dont il resterait à préciser les modalités de gouvernance et les procédures de cessions d’actions sur les marchés. À 15%, le taux de détention de Nissan par Renault serait ainsi identique à celui de Renault par Nissan. La répartition des droits de vote aux conseils des deux constructeurs serait aussi validée. Tout comme l’attribution de la propriété intellectuelle, et notamment les brevets liés à la technologie d’avenir électrique. Nissan, qui avait la responsabilité des recherches dans la batterie solide au sein de l’alliance, en avait fait un point de vigilance particulièrement important, alors que le groupe de Luca de Meo veut faire entrer de nouveaux partenaires, comme Qualcomm Technologies ou Google, dans Ampère.

« Ce sont désormais les questions opérationnelles sur le fonctionnement futur de l’Alliance qui sont au cœur des négociations », estime une source. La gouvernance et les projets de la future entité Ampère concentreraient désormais l’essentiel des discussions, Renault comptant l’introduire en Bourse en 2023. Restent à définir les montants des investissements de chacun des partenaires dans Ampere et les projets communs qui y seront développés (programmes de R&D, plateformes de production, modèles…). Mitsubishi pourrait d’ailleurs en être partie prenante. Enfin, « une dizaine de nouveaux projets opérationnels feront aussi partie de l’accord global », affirme une source. Il s’agit de resserrer les liens par de nouvelles collaborations sur certaines gammes et certains marchés géographiques, avec pour objectif d’utiliser les plateformes communes pour 80 % des modèles d’ici 2030, contre 60 % aujourd’hui. Sur plusieurs marchés comme l’Inde ou l’Amérique latine, l’Alliance devrait s’entendre sur le choix de nouveaux modèles à commercialiser et sur la localisation de leur production.