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Transports - Auto

La mauvaise réputation d’Elon Musk coûte très cher à Tesla France

Le constructeur automobile a vu son chiffre d’affaires dégringoler de près d’un tiers l’an dernier. Et la chute va continuer cette année, prévient déjà la société.

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JB LACROIX / Full Picture Agency via AFP

Tesla France broie du noir. Selon nos informations, la société du milliardaire Elon Musk a enregistré un recul de ses ventes de 854 millions d’euros en France l’an dernier, pour s’établir à 1,87 milliard d’euros. Une chute vertigineuse qui représente près d’un tiers de son chiffre d’affaires. L’entre...

Les activités naissantes de Tesla dans l’énergie (Powerwall, Megapack) n’ont donc pas réussi à compenser la baisse de régime des ventes automobiles. Mais la filiale tricolore reste toutefois rentable avec un bénéfice net de 17,9 millions d’euros et ses effectifs ont même augmenté de 22 % pour atteindre 747 salariés. Ces mauvais résultats ont fait repasser l’entreprise sous la barre symbolique des deux milliards d’euros de revenus, un seuil franchi en 2023 (2,64 milliards d’euros). Pis encore, le groupe indique dans ses comptes s’attendre cette année à une nouvelle dégringolade en France.

Le revers que connaît Tesla résulte de la collaboration de son patron Elon Musk à la campagne présidentielle de Donald Trump et à ses premiers pas très contestés à la Maison Blanche. Fin 2024, il avait décidé de soutenir la campagne du businessman. Le milliardaire avait même participé à une manifestation à Butler en Pennsylvanie en octobre jugeant le candidat républicain comme étant le seul « à préserver la démocratie en Amérique ». Par la suite, le président élu, Donald Trump, l’avait nommé à la tête du DOGE, une entité chargée de réduire drastiquement les dépenses fédérales, avant de rompre avec lui. Depuis, les problèmes d’image de son dirigeant (il a même été accusé d’avoir fait un salut nazi) sont devenus tels qu’ils rejaillissent aussi sur la sécurité de ses employés, comme l’avait révélé l’Informé. C’est évidemment une aubaine pour les autres constructeurs.

La concurrence accrue en France sur le marché du véhicule électrique explique aussi en partie les mauvais résultats de Tesla. Peugeot avec sa e-208 est arrivée en deuxième position des meilleures ventes l’an dernier juste derrière le Model Y de Tesla tandis que la Renault Mégane E-Tech décrochait la troisième position suivie de la Fiat 500e. Et des constructeurs chinois sont aussi entrés en force sur le marché du 100 % électrique, comme BYD, Xpeng ou MG. Face à ces nouveaux venus, proposant des véhicules moins chers avec un meilleur niveau technologique, Tesla n’a pu sortir de nouveaux modèles en 2024. Le constructeur américain tarde en effet à lancer sa citadine à moins de 25 000 euros, baptisée « Model Q », qui est censée relancer ses ventes. Il mise beaucoup pour l’instant sur la version restylée de son modèle Y. Les commandes ont été ouvertes en janvier pour ce SUV, qui fut la voiture la plus vendue au monde en 2023. Et le groupe américain lui attribue déjà le ralentissement de la baisse mondiale de ses ventes au 2e trimestre 2025 (-13,5 % sur un an). Seul point positif : il a enregistré en juin un rebond de ses ventes, une première depuis huit mois.

Face à ces mauvais résultats, la pression augmente sur les épaules d’Elon Musk, certaines voix allant jusqu’à lui demander de partir. Contacté, Tesla France n’avait pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication.