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Transports - Auto

Tesla accusé de fausses promesses en France

Selon les autorités, la façon dont l’entreprise d’Elon Musk présente sa fonction de conduite autonome relève de la pratique commerciale trompeuse.

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CFOTO / CFOTO/SPUS/ABACA

Sale temps pour Tesla. Plombées par les activités politiques de son patron Elon Musk auprès de Donald Trump, les ventes du précurseur des voitures électriques chutent de façon spectaculaire, avec une baisse de 45 % enregistrée au 1er trimestre 2025 dans l’Union européenne, selon les derniers chiffres...

Selon nos informations, début avril, la filiale française a reçu des pouvoirs publics une injonction à cesser sa « pratique commerciale trompeuse » sur cet aspect. C’est la direction de protection des populations des Yvelines, émanation locale des services de la répression des fraudes, qui est à la manœuvre, suite à un contrôle entamé en 2023. Elle estime que Tesla « induit le consommateur en erreur » sur « l’étendue des capacités de conduite autonome existantes ou à venir » de ses véhicules.

À ce jour, sur le site du constructeur, la fonction « Capacité de conduite entièrement autonome » est proposée en option pour 7 500 euros. Mais le service paraît bien mal nommé. S’il est plus poussé que la fonction d’assistance de série (Autopilot) en intégrant la détection des stop et des feux rouges, il repose en partie sur une promesse future : de « prochaines mises à jour permettront de se rendre presque n’importe où avec une intervention minimale de la part du conducteur », indique Tesla lors de la commande d’une voiture. Un processus dépendant d’autorisations des pouvoirs publics…

La page détaillant ces services va plus loin. La fonction de conduite « entièrement autonome », tout comme l’Autopilot, sont « conçues pour être utilisées par un conducteur vigilant dont les mains sont sur le volant ». Elles « ne rendent pas le véhicule autonome », est-il même clairement indiqué. Bref, l’autonomie est pour le moins limitée… Aux États-Unis, le constructeur a déjà dû réviser son vocabulaire : depuis l’an dernier, la fonction « full self-driving » (conduite entièrement autonome), s’appelle désormais « full self-driving (supervised), soit conduite entièrement autonome supervisée – un bien curieux oxymore…

La décision des autorités françaises n’est toutefois pas encore définitive. Le constructeur a d’ailleurs déposé un premier recours, en référé, devant le tribunal administratif de Versailles. Il vient d’être rejeté pour des raisons de forme - les juges ne s’estiment pas compétent, la société ayant déménagé son siège social dans un autre département en cours de procédure- mais le fabricant ne devrait pas baisser les armes pour autant. Si l’injonction est malgré tout confirmée, l’administration envisage de laisser quatre mois à l’entreprise d’Elon Musk pour supprimer les mentions trompeuses : passé ce délai, celle-ci serait soumise à une astreinte journalière de 50 000 euros.

Tesla et son patron controversé sont l’objet de critiques récurrentes pour leur discours, au mieux exagérément optimiste, sur les fonctions de conduite autonome. Déjà en 2022, l’administration de Californie l’accusait de tromper ses clients potentiels. En novembre 2024, l’autorité américaine chargée de la sécurité sur les autoroutes la rappelait à l’ordre : sur le réseau social X, des posts de la marque présentaient des Tesla comme capables de conduite autonome, en contradiction avec les préconisations figurant dans les manuels des véhicules.

Interrogée, la direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) indique ne pouvoir communiquer aucun élément. Selon nos informations, outre les promesses de conduite autonome, l’administration rappelle aussi à l’ordre Tesla pour diverses entorses au droit de la consommation, comme des défauts d’information des clients sur le paiement à crédit et le droit de rétractation.

Contacté, Tesla n’avait pas réagi auprès de L’Informé au moment de la publication de cet article.

Article modifié le 02/05 : clarification de la phrase sur la DGCCRF, qui se refuse à tout commentaire.