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Continuer la lectureTesla attaqué sur l’autonomie de ses batteries par des acheteurs français
Une quarantaine de particuliers, propriétaires d’une Model 3, estiment avoir été trompés par les promesses du constructeur. Pour l’instant, la justice rejette leur demande.
Ils sont un bataillon à faire front commun. Déçus de leur Tesla, 44 particuliers français ont déposé plainte contre le fabricant automobile : tous estiment avoir été floués par la communication du constructeur américain sur l’autonomie de ses véhicules électriques. Alors que la firme d’Elon Musk vantait à ses prospects une Model 3 capable de rouler, selon les modèles, « entre 448 km et 580 km » sans recharge, les plaignants dénoncent des performances moindres : ils ont fait constater par huissier une autonomie inférieure de 30 % à celle promise, voire beaucoup plus en hiver quand les températures sont les plus basses. Selon leur plainte, cela relève d’un vice caché. Certains exigent donc une résiliation du contrat de vente, d’autres réclament une réduction du prix d’acquisition de leur véhicule (49 600 euros hors bonus en 2020, pour la version de base Standard Plus). Mais, selon des jugements que L’Informé a pu consulter, leur action est fort mal engagée : ils ont été déboutés le 4 janvier dernier par le Tribunal de commerce de Versailles. Selon nos informations, ils n’ont pas encore décidé s’ils faisaient appel.
Au cœur des débats, la norme WLTP, pour Worldwild harmonised Light vehicle Test Procedure. Ce protocole mondial destiné à aider le consommateur à effectuer un choix éclairé est entré en vigueur en France en 2020. Dans les faits, une autonomie certifiée WLTP correspond à une conduite essentiellement citadine alors que beaucoup de conducteurs de Tesla roulent plutôt en milieu rural et sur autoroute où la batterie s’épuise plus vite. Les amateurs de la marque d’Elon Musk savent donc qu’une autonomie WLTP sera supérieure à celle qu’ils expérimenteront. Problème : la promesse d’autonomie « entre 448 km et 580 km » de Tesla ne s’accompagnait pas du sigle WLTP. Les plaignants expliquent donc avoir pensé qu’il s’agissait d’une autonomie « réelle » alors qu’en vérité, ils l’ont compris après, il s’agissait bien d’un chiffre WLTP.
Le tribunal de commerce de Versailles reconnaît que la mention ne figure pas dans les bons de commande ou les factures fournis par Tesla aux acheteurs. Mais l’instance souligne que de nombreux documents de la marque y font référence, notamment le manuel du conducteur ou le certificat de conformité du constructeur, accessible sur le site Internet de Tesla. Les juges considèrent enfin que « les écarts entre la norme WLTP et les autonomies réelles constatées sont inhérents aux véhicules électriques et non aux seuls véhicules » du constructeur américain. Les 44 propriétaires de Model 3 ont donc été déboutés et, qui plus est, condamnés à payer solidairement 40 000 euros au fabricant pour frais de procédure. Contactés, Tesla comme des plaignants n’ont pas souhaité commenter nos informations.
Pour rappel, la Model 3 est une berline compacte lancée en 2017 sur un segment de marché plus abordable que la Model S. Avec succès. Ce blockbuster s’est hissé en tête des ventes en Europe toutes motorisations confondues ces deux dernières années. En France, ce modèle est la voiture électrique la plus vendue en 2021 (25 000 exemplaires) comme en 2022, avec 17 000 unités écoulées, devant les Mégane E-Tech (16 000) et les Zoe (12 000) de Renault, selon les chiffres de La Plateforme Automobile. Une des raisons du succès est certainement l’argument de performance de sa batterie, qui reste un des tout premiers freins à l’achat d’un véhicule électrique, derrière son prix élevé, selon l’Observatoire Cetelem. La promesse d’une autonomie comprise « entre 448 km et 580 km » est bien supérieure aux 395 km sans recharge visés encore aujourd’hui par la Zoe par exemple.