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Continuer la lectureLes contrôleurs aériens vont avoir un nouveau pilote
À la suite du départ de Florian Guillermet en avril, les 7 000 fonctionnaires de la Direction des services de la navigation aérienne devraient bientôt connaître leur nouveau directeur. L’Informé dévoile son nom.
Les difficultés sur le budget 2025 n’empêchent pas le gouvernement de Michel Barnier d’avancer sur d’autres sujets sensibles. C’est le cas pour le choix du nouveau dirigeant de la très éruptive Direction des services de la navigation aérienne (DSNA). Ce service de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), employeur de 7 000 fonctionnaires dont 3 400 aiguilleurs du ciel répartis sur l’ensemble du territoire et capables de bloquer le trafic aérien en cas de grève, a vu son directeur Florian Guillermet rejoindre en avril l’Agence européenne de la sécurité aérienne. Selon nos informations, ce polytechnicien diplômé de l’École nationale de l’aviation civile (Enac) devrait être remplacé par un autre X-Enac, Frédéric Guignier, qui officie déjà au sein de la DSNA comme directeur de la stratégie et des ressources.
Sa nomination devrait être entérinée lors d’un prochain conseil des ministres. La fonction, stratégique puisqu’il s’agit d’assurer la sécurité de tous les vols dans le ciel français, est toutefois moins politique que la direction de la SNCF, d’Aéroports de Paris ou de La Poste. Elle ne devrait donc pas poser de difficultés entre Emmanuel Macron et Michel Barnier. « Ce très bon professionnel s’est retrouvé assez vite candidat unique pour ce poste très exposé et qui nécessite une forte expertise », indique une source proche du dossier.
Frédéric Guignier, qui a réalisé toute sa carrière à la DSNA, était aux premières loges des réformes en négociation depuis plus d’un an, qui ont vocation à réduire les coûts du contrôle aérien et à absorber l’augmentation ces prochaines années du trafic en Europe. Il y a eu d’abord l’obligation de déclaration individuelle au moins 48 heures pour les grévistes, instaurée par l’adoption en décembre dernier de la proposition de loi du sénateur de Seine-Saint-Denis Vincent Capo-Canellas (Union centriste). Elle a été suivie en avril par un accord de réforme, qui a suscité une journée de grève chez les aiguilleurs du ciel et l’annulation de milliers de vols.
Ce « protocole d’accord » prévoit notamment une réduction du « maillage territorial » avec la fermeture d’un quart des tours de contrôle d’ici 2035 dans les plus petits aéroports de province et une réorganisation du travail réduisant les absences des contrôleurs. Le tout s’accompagne tout de même d’un volet d’embauches pour faire face à une vague de départs en retraite d’ici 2035 et de mesures de revalorisation salariale. Son impact sur les charges de personnel de la DGAC est évalué, dans un récent rapport sénatorial, à un surcoût de 100 millions d’euros par an supplémentaires à l’horizon 2027.
Article modifié le 17 octobre 2024.