L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureAéroports de Paris : de nouveaux candidats pour succéder à Augustin de Romanet
Issus du nucléaire, de l’aérien ou du secteur mutualiste, les prétendants à la présidence du groupe ADP sont chaque jour plus nombreux. Le processus doit démarrer formellement ces prochains jours.
S’il est une succession qui suscite des convoitises sur la place de Paris ces semaines-ci, c’est bien celle du groupe ADP. La dernière en date émane d’un patron du nucléaire français, Loïc Rocard, qui a fait connaître son intérêt, affirment plusieurs sources. PDG de TechnicAtome, le fils de Michel Rocard serait même une piste « très sérieusement envisagée », affirme un consultant proche du pouvoir. Passé par ADP au début de sa carrière, cet X-Ponts, qui est président de l’AX, l’association des anciens élèves de l’école Polytechnique, correspondrait « au profil d’entrepreneur avec une bonne connaissance du fonctionnement de l’État », estime une source proche du dossier. Cette désignation, si elle se confirme, marquerait son retour dans le secteur des transports, après une incursion de sept ans dans le nucléaire.
Nommé à la tête du spécialiste de la propulsion navale en 2017, quand TechnicAtome est sorti du giron d’Areva, Loïc Rocard a été prolongé pour un second mandat de cinq ans en 2022, sans que son profil n’ait complètement intégré le sérail des « atomiciens ». L’entreprise a cependant augmenté de 48 % son chiffre d’affaires sur la période (passant de 371 millions d’euros en 2017 à 551 millions d’euros en 2023), porté par la commande publique. L’intéressé préfère rester discret sur ses ambitions et précise à l’Informé « ne pas avoir été contacté pour la succession d’ADP ».
Toutefois, les candidatures pour la présidence d’ADP se sont multipliées depuis qu’Augustin de Romanet a décliné l’offre de Michel Barnier de prolonger au-delà du 31 décembre son mandat comme PDG du gestionnaire d’aéroports, dont l’État détient encore un peu plus de 50 % du capital. Le communiqué de Gabriel Attal du 20 mars dernier, qui mettait fin aux fonctions, après les Jeux olympiques de Paris 2024, de celui qui était alors candidat à une reconduction, a laissé des traces.
Un ancien président de l’AX a fait savoir son intérêt : Bruno Angles, le directeur général du groupe paritaire et mutualiste AG2R-La Mondiale. Après avoir redressé les comptes de l’assureur, il s’est retrouvé en difficulté avec les partenaires sociaux, administrateurs du groupe, sur des questions de gouvernance. Selon plusieurs sources au fait du dossier, le fauteuil de président d’ADP serait aussi visé par Franck Goldnadel, le président du directoire de l’aéroport de Nice, deuxième société aéroportuaire française qui appartient au groupe italien Mundys (ex-Atlantia). Ce diplômé de l’École nationale de l’aviation civile, expert reconnu du secteur, a fait toute sa carrière au sein du groupe ADP. Il en fut même le numéro deux (directeur général adjoint chargé des opérations aéroportuaires et directeur de Roissy-Charles de Gaulle), jusqu’à son éviction en 2018.
À l’origine, l’Élysée souhaitait promouvoir une femme à la tête de l’exploitant. Révélée par l’Informé, la candidature de Marguerite Bérard, une proche d’Emmanuel Macron qui dirigeait le réseau France de BNP Paribas, a du plomb dans l’aile depuis l’arrivée à Matignon de Michel Barnier, qui entend bien peser sur les nominations des grands opérateurs de l’État. Est désormais évoqué l’intérêt pour le poste de Marie-Ange Debon, une ancienne de Suez qui préside depuis 2020 l’opérateur de transports publics Keolis (une filiale de la SNCF), ainsi que, comme l’a rapporté Challenges, « l’appétence non dissimulée » de Marlène Dolveck, la directrice générale de SNCF Gares & Connexions. Au sein d’ADP, beaucoup placent leurs espoirs dans le profil de la jeune directrice d’Orly, Justine Coutard. Mais cette inspectrice des finances, qui vient de boucler de façon « exemplaire » la concertation sur le plan de transformation de l’aéroport du sud parisien, serait plutôt en piste pour un poste de numéro deux, selon plusieurs sources.
Le sujet, géré à l’Agence des participations de l’État, devrait désormais remonter au-dessus de la pile des dossiers du gouvernement. La décision finale est attendue, au plus tôt, début novembre.