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CDG Express : le tarif du « train des riches » sera encore plus élevé que prévu

Fin mars 2027, les voyageurs à Paris auront le choix de rejoindre l’aéroport de Roissy via le RER B ou, en 20 minutes seulement, via une nouvelle navette depuis la gare de l’Est. À condition d’y mettre le prix, que dévoile l’Informé.

Les quais de la gare de l’Est à Paris, qui accueilleront en mars 2027 les rames du CDG Express en direction de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Les quais de la gare de l’Est à Paris, qui accueilleront en mars 2027 les rames du CDG Express en direction de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. SERGE ATTAL / Only France via AFP

C’est un secret bien gardé qui ne doit être dévoilé que mercredi prochain. Les équipes du CDG Express, le projet de liaison directe entre la gare de l’Est à Paris et le terminal 2 de Roissy Charles-de-Gaulle, révéleront le montant que devront payer les voyageurs pour emprunter ce métro ultra-rapide lors de son ouverture, le 28 mars 2027. Depuis le lancement du projet en 2016, le chiffre de 24 euros pour un aller simple avait été évoqué, faisant déjà grincer quelques dents. L’ancien adjoint de la maire de Paris chargé des mobilités, le Vert David Belliard, n’avait pas hésité, sur BFMTV, à opposer « un train des riches » au RER B, emprunté par les « travailleurs pauvres » et qui avait dû fermer en août 2023 pour permettre les travaux de construction de la nouvelle voie. Des perturbations sur les trains de banlieue au nord de Paris qui avaient à l’époque fortement agacé aussi Valérie Pécresse, la présidente d’Île-de-France Mobilités, autorité organisatrice des transports dans la région mais sans prise sur le CDG Express, titulaire d’un contrat de concession sur 50 ans avec l’État.

La polémique oblige aujourd’hui l’exploitant du CDG Express, Hello Paris, a une extrême précaution dans la révélation du prix qu’il a finalement fixé. Mais celui-ci sera supérieur au montant pressenti : selon nos informations, il en coûtera 25 euros l’année prochaine à l’ouverture du service. Soit 10 euros de plus que le prix du ticket ouvrant l’accès à l’aéroport de Roissy depuis le RER B. En taxi, il en coûte 56 euros, que l’on soit seul ou à plusieurs, depuis la rive droite de Paris et 65 euros depuis la rive gauche. Le tarif du CDG Express pourrait en rebuter certains. Mais la fréquentation visée n’est de toute façon pas si importante : en 2019, le préfet de région Michel Cadot l’estimait à environ 20 000 voyageurs quotidiens.

Hello Paris tente depuis quelques mois de désamorcer la controverse : l’entreprise, filiale de Keolis (groupe SNCF) et de la RATP, a déjà annoncé plusieurs réductions sur son site Internet notamment une remise de 15 à 20 % pour l’achat d’un ticket aller-retour. Les enfants de moins de 16 ans bénéficieront de la gratuité, tandis que les Franciliens détenteurs d’un abonnement Navigo aux transports en commun profiteront de réductions de 30 % à 40 %. Un tarif préférentiel est aussi prévu pour les salariés de l’aéroport (dont 3 700 employés chez Aéroports de Paris).

Pour justifier un prix si élevé, CDG Express peut mettre en avant la durée du parcours - les 20 minutes - et la fréquence des rames - toutes les 15 minutes de 5 heures à minuit. Avec le RER B, il faut compter actuellement 35 minutes depuis la Gare du Nord et de 40 minutes depuis Châtelet, avec un train toutes les 10 à 20 minutes en semaine mais des délais allongés les week-ends.

Le projet de nouvelle liaison avait pour objectif de désengorger le RER B, emprunté régulièrement par un million de voyageurs par jour. Il devait aussi éviter aux touristes et aux voyageurs d’affaires de se retrouver dans des trains bondés et sujets à de nombreux retards. Le matériel vieillissant tarde en effet à être remplacé : les nouvelles rames MI20 d’Alstom, qui devaient initialement commencer à circuler en novembre 2025, sont désormais attendues à l’automne 2029, ainsi que l’avait révélé l’Informé.

Autre explication : la nouvelle infrastructure a été construite sans subventions publiques et son exploitant, Hello Paris, se retrouve dans l’obligation de dégager suffisamment de bénéfices, via ses recettes propres, pour rembourser à terme l’investissement. Finalisé en 2019, le projet a mobilisé 400 millions d’euros d’apports en fonds propres consentis par les actionnaires de la ligne (ADP, SNCF Réseau et la Caisse des dépôts et consignations) et un prêt consenti par l’État à hauteur de 1,7 milliard d’euros. Mais, avec trois ans de retard dans la livraison d’un chantier promis pour les JO de Paris 2024, le coût total a dérapé pour atteindre désormais 2,6 milliards d’euros, selon le Parisien.

Contacté, Hello Paris n’a pas souhaité commenter nos informations.

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