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Continuer la lectureBientôt dans nos rues, des camions électriques DB Schenker
Le transporteur routier, filiale de la Deutsche Bahn, mettra en juin en opération en France ses premiers poids lourds 100 % électriques.
DB Schenker passe au vert. Le géant allemand de la logistique, filiale de l’opérateur ferroviaire public Deutsche Bahn, lancera sur les routes françaises ses six premiers poids lourds 100 % électriques en juin, selon nos informations. Cet incontournable du secteur – deuxième acteur derrière Geodis dans l’Hexagone, il livre aussi bien les usines des zones industrielles que les commerçants de centre-ville - disposera de deux camions Volta de 16 tonnes dans son centre francilien à Gennevilliers, et d’un à Bonneuil-sur-Marne (94) comme à Saint-Etienne, Annecy et Angers. Au total d’ici la fin de l’année, 35 Volta Zero, des véhicules dédiés au transport dans les zones urbaines et périurbaines, seront déployés et couvriront 23 agglomérations françaises.
Ces nouveaux modèles tout électriques serviront en priorité les métropoles adeptes des zones à faibles émissions (ZFE). Ce sont 43 agglomérations de plus de 150 000 habitants qui devront restreindre en 2025 la circulation des véhicules les plus polluants. Jusqu’ici, DB Schenker ne disposait que d’une dizaine de petits camions électriques eCanter de 4,5 tonnes, construits par Fuso (groupe Daimler) pour les livraisons en centre-ville.
« Nos commandes de véhicules propres correspondent à une démarche durable et à une attente forte de nos clients qui recherchent des solutions vertes pour améliorer leurs reportings RSE, explique un porte-parole du logisticien. Au départ, la demande de transports propres provenait surtout de grands comptes et en particulier du monde du luxe, mais aujourd’hui elle s’est généralisée pour toucher tous les secteurs industriels comme l’automobile ou l’aéronautique. C’est une lame de fond qui arrive. »
DB Schenker avait passé en 2021 une méga-commande de 1 470 véhicules électriques Volta Zero auprès du nouveau constructeur anglo-suédois Volta Trucks. Premier modèle de cette start-up, il peut emporter une charge 8,6 tonnes et sa batterie lui confère une autonomie maximale de 200 km. La filiale française de DB Schenker avait lancé en septembre dernier une phase de tests dans les rues de Paris avec six premiers véhicules circulant à vide dans des conditions réelles. Le camion vient de recevoir début mars son homologation européenne.
D’autres modèles de transport électriques devraient suivre pour DB Schenker France. D’ici la fin de l’année, l’entreprise devrait recevoir 50 camions 16 tonnes de Renault Trucks et 3 exemplaires de son 19 tonnes. Le logisticien mise aussi sur le biogaz et compte réceptionner d’ici fin 2023 un total de 55 véhicules, allant du poids lourd 16 tonnes au véhicule utilitaire. Concernant l’hydrogène, Schenker France recevra cette année ses deux premiers poids lourds Renault T430 d’origine diesel rétrofités pour accueillir les réservoirs à hydrogène de Forvia (ex-Faurecia) en cours d’homologation. Il en avait commandé 10 exemplaires.
DB Schenker doit aussi renforcer le réseau de bornes de recharge dans ses 124 agences tricolores. Aujourd’hui une quinzaine d’entre elles sont équipées, dont trois en périphérie parisienne. Le logisticien prévoit que 25 agences supplémentaires le seront d’ici la fin de l’année. Il privilégie à chaque fois le même modèle : une borne de recharge rapide (45 kW) pour la mi-journée et une borne semi-rapide (22 kW) pour les arrêts prolongés.
Avec ce vaste plan d’électrification, la Deutsche Bahn espère faciliter la vente de sa filiale logistique (23 milliards d’euros de revenus en 2021, 76 000 employés dans 130 pays), décidée en novembre dernier. Pour DB, l’objectif est certes de réduire sa dette (30,5 milliards d’euros au 30 juin 2022) mais aussi de se séparer de son activité la plus polluante : DB Schenker représente 12 des 18,5 millions de tonnes de CO2 émises par le groupe ferroviaire.
Cette transition vers l’électrique devrait aider à convaincre des investisseurs de mettre sur la table les 20 milliards d’euros que DB attend. Deutsche Bank a été mandatée pour conseiller l’opération, avec Goldman Sachs et Morgan Stanley. « Il n’est pas exclu que Deutsche Bahn, comme lors de la crise financière de 2008, retire Schenker de la vente si les difficultés actuelles sur les marchés financiers ne lui permettent pas d’en retirer le montant visé », juge un proche du dossier. Pour compliquer encore le projet, la chancellerie exigera un nouvel actionnaire qui garantisse la paix sociale en Allemagne ainsi que le niveau d’emplois. Ce qui ne plaide pas en faveur des candidatures des Américains UPS et Amazon comme du danois Maersk. A contrario, une éventuelle offre de la Deutsche Post, qui détient déjà DHL, devra réussir à convaincre l’autorité allemande de la concurrence. Réponse attendue d’ici la fin de l’année.