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Transports - Auto

Le transporteur Jacky Perrenot pourrait bientôt changer de mains

Les fonds EMZ et Siparex, qui avaient pris une courte majorité du capital fin 2019, étudient leur retrait. Une opération qui devrait valoriser cette société plus d’un milliard d’euros.

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Anton Petrus / Getty Images

Jacky Perrenot. Ce transporteur n’est pas un nom très connu du grand public mais c’est un poids lourd de son secteur. Ses camions approvisionnent les magasins Carrefour, Intermarché ou ceux du groupe Casino. Ils livrent aussi aux particuliers leurs meubles Ikea ou Maisons du Monde. Avec 9000 salariés au compteur, le groupe fondé en 1945 par le père de Jacky Perrenot a même franchi le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2022. Alors sa mise en vente pourrait bien agiter le marché… Car, selon nos informations, les fonds français EMZ et Siparex, qui disposent d’une (courte) majorité du capital depuis fin 2019, planchent sur leur sortie pour cette année. Une opération d’envergure qui devrait valoriser l’entreprise plus d’un milliard d’euros. Selon plusieurs sources, Rothschild & Co travaille sur le projet à leurs côtés. La banque d’affaires connaît bien le dossier puisque c’est elle qui a conseillé la famille fondatrice à l’entrée des deux investisseurs : ceux-ci avaient alors injecté 150 millions d’euros à l’époque. Ni les fonds, ni la direction de la société, emmenée par son président Philippe Givone, actionnaire important, n’ont souhaité répondre à L’Informé. « Il y a bel et bien des réflexions, même si elles en sont encore à un stade préliminaire », concède toutefois un proche du groupe. Des sources évoquent la piste d’un adossement de Jacky Perrenot à un autre acteur de la filière. « Tous les schémas sont possibles, l’arrivée d’autres investisseurs au capital est aussi une piste », relativise un connaisseur du dossier.

En quinze ans, Jacky Perrenot a réussi à multiplier son chiffre d’affaires par douze, pour un Ebitda proche de 150 millions d’euros aujourd’hui. Une prouesse que le groupe doit à Philippe Givone. Depuis son arrivée à la direction en 2007, il a multiplié les rachats judicieux, souvent à la barre du tribunal. Après une bonne cinquantaine d’acquisitions, il a notamment repris, en 2019, le breton Le Calvez (110 millions d’euros de revenus), présent dans plusieurs marchés : livraison de gaz et d’hydrocarbure, transport avicole, acheminement sous température dirigée, etc. Une opération stratégique qui a permis à Jacky Perrenot de diversifier encore un peu ses positions, alors que la société a longtemps été concentrée sur des activités de logistique pour la grande distribution.

Son ouverture à la livraison aux particuliers, elle, est plus récente. Une autre acquisition a été décisive dans le domaine : la reprise, en 2021, de l’entreprise familiale VIR, grande spécialiste de l’acheminement de meubles lourds à domicile. Elle lui a instantanément apporté un chiffre d’affaires de plus de 100 millions d’euros sur ce segment. Avant cette opération, « le groupe réalisait 25 millions d’euros de chiffre d’affaires sur l’activité B-to-C. Je devais soit m’en séparer, soit devenir leader français dans ce domaine, avait ainsi commenté Philippe Givone, dans une interview à L’Officiel des Transporteurs, en juillet 2021. J’ai donc choisi la seconde option en reprenant l’entreprise qui correspondait le plus à mes attentes, au savoir-faire et aux valeurs du groupe. »