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Continuer la lectureHôtellerie-restauration : la vente d’ECF s’accélère
Un grand groupe britannique et plusieurs fonds se penchent sur le devenir de l’ex-Ecotel Chomette Favor et de ses 1700 salariés. Le processus de cession devrait aboutir dans les prochaines semaines.
Un changement d’actionnaire se précise pour ECF. Cette entreprise dont les ventes annuelles dépassent 700 millions d’euros est bien connue dans l’hôtellerie restauration, les cantines et les Ehpad : elle fournit aux établissements vaisselle, matériel de cuisine, mobilier et produits d’hygiène. Selon nos informations, plusieurs prétendants s’organisent en vue de prendre le contrôle de cet acteur autrefois baptisé Ecotel Chomette Favor. Son actionnaire, le fonds Naxicap Partners (affilié à Natixis), avait confié à Lazard un mandat de vente pour sa participation majoritaire, comme l’avait révélé le site d’informations spécialisé Unquote en novembre. « Les discussions sont en train de s’accélérer », reconnaît un conseil impliqué dans le dossier.
L’opération n’a rien d’anodin. En 2016, ECF avait changé de mains pour un peu plus de 300 millions d’euros, soit environ 10 fois son Ebitda. Aujourd’hui, plusieurs sources mentionnent que l’excédent brut du groupe se situerait entre 70 et 80 millions d’euros, avec une valorisation qui pourrait donc cette fois-ci avoisiner 800 millions d’euros. ECF emploie près de 1700 collaborateurs, présent dans une vingtaine de pays, dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Sur ses 250.000 clients figurent de grands noms comme Accor, Marriott, Hilton, Mama Shelter, Quick, Burger King et Sodexo.
La troisième tentative de Bunzl
Le groupe britannique Bunzl, coté sur à la Bourse de Londres, fait office de candidat sérieux au rachat, a appris L’Informé. Ce distributeur de produits d’hygiène professionnelle et de sécurité, dont les revenus dépassent 11 milliards d’euros par an, n’en est pas à sa première acquisition significative en France, puisqu’il avait racheté le revendeur de matériel de nettoyage Hedis en 2017. Dans le dossier ECF, il serait conseillé par Crédit Agricole CIB et BNP Paribas. Le britannique courtise de longue date l’entreprise tricolore : il avait échoué par deux fois à la racheter lors de précédentes mises en vente, en 2011 et fin 2016, Naxicap ayant eu le dernier mot il y a six ans. Certaines sources affirment que Bunzl serait même déjà en négociations avancées avec l’actionnaire d’ECF pour lui reprendre sa participation. Ce que démentent d’autres parties prenantes aux discussions. « Bunzl est effectivement très motivé, mais rien n’est fait, explique l’une d’entre elles. Du côté des cédants, l’idée est d’organiser un véritable processus concurrentiel entre les prétendants. »
Des fonds sont sur les rangs. Un nom revient particulièrement, celui de PAI Partners, l’un des acteurs français les plus en vue du private equity, qui termine la levée d’un nouveau fonds d’investissement de 7 milliards d’euros, comme l’a révélé L’Informé le mois dernier. TowerBrook est aussi cité, lui qui connaît bien le milieu de la distribution professionnelle en France pour être, depuis 2021, l’actionnaire majoritaire du fournisseur de matériel de bureautique Bruneau. Seraient aussi possiblement intéressés : ICG, Cinven, BC Partners voire même Ardian.
La piste du LBO
La préférence du management de la société, croit savoir une source, irait vers une nouvelle opération de LBO avec un financier. ECF en a déjà connu trois, d’abord avec le fonds Chequers Capital, puis la société d’investissement de Serge Weinberg (Weinberg Capital Partners) et, enfin, Naxicap. Il reste qu’un investisseur, pour boucler ce type d’opération, doit réunir de la dette auprès de banques ou d’autres fonds. La transaction nécessiterait la levée d’un total de l’ordre de 400 millions d’euros, un montant qui aujourd’hui n’est guère facile à réunir dans le marché du LBO actuel. « Divers scénarios sont testés, mais réunir autant de dettes n’a rien d’évident sur un dossier concernant une entreprise dont les clients sont eux-mêmes exposés à la consommation », résume un connaisseur de l’entreprise. « Nous nous attendons à une détente sur le marché de la dette privée dans les prochains mois », tempère un banquier.