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Grande conso

Pour diminuer les ruptures de stock, Carrefour réorganise sa logistique

Via un appel d’offres, le groupe va confier à un seul prestataire le transport des marchandises entre les usines des fournisseurs et ses propres entrepôts. Avec un objectif ultime, éviter au maximum les pénuries en rayon.

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JC MILHET / Hans Lucas via AFP

C’est la bête noire du patron de Carrefour France, Rami Baitiéh : les ruptures de stock. Ces trous dans les rayons sont autant de sources d’agacement pour les clients que de perte de chiffre d’affaires pour les magasins. Et chez Carrefour en ce moment -comme chez les concurrents-, ils se multiplient. Alors que le manque de camions et de chauffeurs s’intensifie dans le pays et que les problèmes logistiques post-pandémie perdurent, seulement 90% des commandes opérées chez les industriels arriveraient en temps et en heure sur les sites de l’enseigne. Habituellement, ce taux de service avoisinerait plutôt 98%.

Une situation inacceptable pour le boss qui a fait de la réduction de ces ruptures une priorité. Pour changer la donne, selon nos informations, le groupe revoit une partie de son système d’approvisionnement. Carrefour Supply Chain, la branche en charge de la logistique, va ainsi lancer un appel d’offre global avec un objectif : sélectionner un seul et unique prestataire pour assurer le transfert des marchandises des usines des fournisseurs vers les entrepôts du commerçant (la logistique amont).

Jusque-là, des salariés de Carrefour, appelés affréteurs, se chargeaient de trouver un transporteur pour chaque livraison, quand l’industriel ne s’en occupait pas en direct… Contacté par l’Informé, le distributeur confirme cet appel d’offre, précisant sans plus de détails que le changement concernera surtout « les produits à marque Carrefour ». Peut-être car la logistique gérée par les grandes marques est un peu mieux rodée ?

Avec cette nouvelle organisation, l’enseigne prendra la responsabilité du transport dès les portes des fournisseurs. De quoi libérer certains industriels d’un problème : « certains disent peiner à trouver des transporteurs disponibles. Voilà pourquoi nous leur proposons de venir chercher la marchandise directement chez eux» explique un cadre du groupe. Mais cela leur ajoute un peu de pression : ils n’auront plus d’excuse si les stocks commandés ne sont pas prêts à temps.

Surtout, cette centralisation chez un seul prestataire doit permettre de mutualiser des trajets, d’améliorer le taux de remplissage des camions et de réduire les retours à vide, point noir du secteur. Sans utiliser plus de véhicules, Carrefour pourra aussi augmenter la fréquence de livraisons de ses magasins (le nombre de tournées quotidiennes devrait passer de 400 à 1000) et limiter ainsi les ruptures en rayons. Le calendrier est serré puisque l’objectif est de mettre en place cette organisation en mars, une fois les négociations annuelles terminées, pour ensuite monter en puissance durant l’année.