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Transports - Auto

Batteries électriques : Verkor lance une levée de fonds de plus d’un milliard d’euros

La start-up industrielle grenobloise a fait appel à deux banques d’affaires afin de financer la construction de sa gigafactory de Dunkerque, où elle espère produire des batteries pour Renault.

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LOU BENOIST / AFP

Sur un marché dominé par les acteurs étrangers, les ambitions de Verkor ont de quoi donner le sourire aux défenseurs du Made in France.  Née à Grenoble en 2020, la start-up spécialisée dans les batteries électriques avait déjà surpris par son audace en annonçant en novembre qu’elle cherchait plus d’un milliard d’euros pour financer la mise en route de sa gigafactory de Bourbourg, sur le Grand port de Dunkerque. Et ce alors qu’elle n’a encore jamais rien produit ni vendu. Selon nos informations, elle vient de passer à la vitesse supérieure en mandatant deux banques d’affaires : l’américaine Jefferies et la française Ceres Partners - un cabinet de conseil né en début d’année sous l’égide de deux anciens associés de Barber Hauler. Le milliard d’euros ciblé aurait vocation à inclure tant des fonds propres que d’autres types de financement (dette, obligations…). Verkor espère notamment convaincre des investisseurs spécialisés dans le financement d’infrastructures d’entrer à son capital. Si l’entreprise présidée par Benoît Lemaignan atteint son objectif, elle réalisera sans aucun doute l’un des plus grands tours de table de l’année en France pour une start-up

Pour Verkor, l’opération en cours survient après deux autres levées de financement dont l’envergure était déjà très significative. La première, à l’été 2021, avait permis à Verkor de récolter 100 millions d’euros essentiellement en capital. La deuxième, en novembre dernier, s’était chiffrée à 250 millions d’euros, en grande partie des financements bancaires et obligataires (notamment auprès de la Banque européenne d’investissement). Résultat : la liste des actionnaires est déjà longue. On y trouve pêle-mêle des financiers, à savoir le suédois EQT (au travers de sa branche Ventures, dédiée aux start-up) ou le français Demeter (par l’intermédiaire du Fonds de modernisation écologique des transports, géré pour le compte des concessionnaires autoroutiers privés tricolores). Répondent également présents plusieurs grands groupes : Schneider, Capgemini, Arkema… Sans oublier Renault, qui était particulièrement intéressé par la technologie développée par la start-up pour ses véhicules. A son entrée au capital, en juillet 2021, le constructeur automobile avait hérité d’une participation de 20 %.

Verkor s’est lancé assez tard par rapport aux premières gigafactories dans le monde, mais en mettant l’accent sur une production de batteries à la fois à haute performance et bas carbone. La pépite française est en ligne de marche avec ses prévisions : d’après nos informations, elle compte faire aboutir les travaux de son usine pilote à Grenoble et l’installation des machines en mai, avec une sortie de ses premiers modules de batteries avant l’été. Pour sa gigafactory nordiste, elle finalise la concertation avec les associations et élus locaux. L’ensemble des autorisations nécessaires sont attendues pour juin. Verkor prévoit la pose de la première pierre avant la fin de l’année 2023. Le lancement d’une production au niveau industriel, avec 16 GWh par an au départ, est attendu d’ici 2025 ou 2026.

Accord de volume garanti avec Renault

La bonne nouvelle pour Verkor serait la conclusion d’un accord de volume garanti avec Renault, actuellement en cours de discussion. Selon plusieurs sources, des étapes ont déjà été franchies dans la certification des cellules de batteries par le constructeur, et les discussions devraient aboutir au printemps. Cet accord assurerait à la start-up un niveau de production garantie. Un socle commercial particulièrement bienvenu pour Verkor, qui doit convaincre les investisseurs de la pertinence de sa solution technologique et de son modèle d’affaires, alors que ses ventes sont encore nulles. De son côté, Renault compte sécuriser avec cet accord son approvisionnement en batteries à haute densité énergétique : elles doivent équiper ses modèles haut de gamme présents et à venir, et notamment ses prochaines Alpine électriques. Pour le constructeur, la question de réinvestir dans le nouveau tour de table de la start-up est à l’étude. « Tout se passe bien avec Verkor, nous sommes ouverts à maintenir notre participation dans cet acteur français, important pour l’écosystème national des batteries électriques », précise une source proche du dossier chez Renault. Le groupe dirigé par Luca de Meo entend toutefois conserver son accord avec LG, son fournisseur historique de batteries, pour ses Megane E-Tech. La marque au losange  va aussi confier à la prochaine gigafactory du sino-singapourien Envision à Douai le marché des batteries de ses futures R5 et R4 électriques. Ainsi que celles de la Micra 100 % électrique de Nissan, son partenaire dans l’Alliance, qui est produite sur la même plateforme. Ces trois modèles de citadine seront produits dans l’usine Renault de Douai.