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Continuer la lectureAssistance aux avions de l’État : Bolloré bloqué par une PME bordelaise
Alors que le gouvernement avait choisi Bolloré Logistics pour gérer l’assistance en escale de centaines d’avions, un concurrent conteste les conditions d’attribution du marché. La procédure est donc interrompue.
Encore une bataille judiciaire pour le groupe Bolloré. Cette fois, loin des médias et des business africains, c’est l’activité logistique du conglomérat qui est en première ligne. En avril 2022, Bolloré Logistics a été choisi par l’État pour assurer les services d’assistance en escale (ravitaillement, bagages…) de centaines d’avions rattachés aux ministères des armées et de l’intérieur, partout dans le monde. Mais un concurrent, Flyops, conteste les conditions d’attribution de ce marché de 130 millions d’euros, et la justice ne cesse de lui donner raison. Alors que, le 12 mai dernier, le juge des référés versaillais a annulé la décision gouvernementale, les pourvois devant le Conseil d’État engagés par le ministère des Armées et le groupe Bolloré ont été rejetés par la haute cour administrative début décembre. De quoi interrompre la procédure. « Une nouvelle consultation va devoir être lancée », fait savoir le ministère.
Voilà un drôle de retournement pour deux entreprises qui étaient, un temps, partenaires. En 2016, Flyops, PME basée à Mérignac, a emporté un premier marché d’assistance aérienne pour le gouvernement français, aux côtés… de Bolloré Logistics. La petite entreprise, créée et présidée par Xavier Joussaume, a d’ailleurs changé de dimension à cette occasion, passant de 300 000 euros de chiffre d’affaires à 5,9 millions d’euros aujourd’hui. Mais lors du renouvellement du marché, lancé en 2020, les deux sociétés se sont retrouvées face à face, Flyops candidatant avec Ceva Logistics (groupe CMA CGM) et Eola. Finalement éconduit, le Girondin a alors dénoncé des irrégularités dans la candidature de son adversaire. Et de fait, le tribunal de Versailles a par exemple estimé que Bolloré Logistics avait mentionné trop tardivement le recours à Air Caraïbes comme sous-traitant pour exécuter une partie des missions prévues dans l’appel d’offres.
Contactées, les entreprises n’ont pas souhaité faire de commentaires.