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Tech - Télécom

Google et Amazon deviennent des opérateurs télécoms virtuels

Après Zoom et Microsoft, les deux géants américains ont obtenu des numéros de téléphone en début d’année afin de respecter de nouvelles obligations.

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PAU BARRENA / AFP

Google et Amazon se mettent dans les clous. Après Zoom et Microsoft, le moteur de recherche et le géant du commerce en ligne ont obtenu ces dernières semaines des numéros auprès du gendarme des télécoms, l’Arcep, afin de continuer de proposer une offre de téléphonie aux entreprises. Google la commercialise au sein de sa suite Workspace (messagerie Internet, outils bureautiques, visioconférence, agenda…) tandis qu’Amazon la vend via le package Amazon Connect, essentiellement auprès de centres d’appels. Tourisme, services financiers, administrations et agences gouvernementales, santé et même… télécommunications, cette entité d’Amazon Web Services (AWS) est présente dans plusieurs secteurs d’activité. Dans les deux cas, les clients peuvent ainsi passer des appels depuis leur PC vers des postes fixes ou mobiles et en recevoir. Plus besoin de combiné.

Jusqu’à présent, les deux géants américains passaient par des tiers - Colt pour Google par exemple - afin de proposer des numéros de téléphone à leurs clients. Mais la nouvelle réglementation entrée en vigueur le 1er janvier 2023 leur impose désormais de disposer de leurs propres numéros. « Jusqu’alors, les plateformes refilaient cette patate chaude à leurs prestataires, indique Alexandre Archambault, avocat spécialiste en droit du numérique. Désormais, ils ne pourront plus se défausser de leurs responsabilités ». En octobre, comme l’avait raconté IT for business, Google avait pris les devant en obtenant une première série de numéros, mais limités à l’Ile-de-France. Fin janvier, le moteur de recherche a décroché des plages bien plus larges.

Concrètement, Google et Amazon devront eux-même autoriser les appels d’urgence, permettre le portage des numéros d’un opérateur à un autre et répondre aux demandes d’écoutes téléphoniques qu’un juge pourrait formuler. Ces obligations dans la téléphonie fixe sont les mêmes que celles supportées par tous les opérateurs mobiles dits virtuels (MVNO). La Poste Mobile, Lebara, Lycamobile, Auchan Télécom… ne possèdent aucune infrastructure en propre et s’appuient sur les réseaux de SFR, Bouygues Telecom ou Orange pour fonctionner.

Si Amazon et Google se sont mis en conformité, c’est aussi pour se développer sur le marché très prometteur du UcaaS (Unified communication as a service). Ces offres de communications unifiées dans le cloud viennent marcher sur les platebandes des offres professionnelles des opérateurs historiques. Orange Business traverse d’ailleurs actuellement des difficultés. Ce secteur affiche des marges bien plus importantes que celui des télécoms grand public où la guerre des prix a longtemps fait rage. Selon Future Market Insight, le marché mondial du UcaaS devrait croître de 14,5 % par an jusqu’en 2031 pour atteindre 85,7 milliards de dollars. De quoi donner de l’appétit aux géants américains dont les solutions de visioconférence ont pris une ampleur sans précédent durant la pandémie pour faciliter le télétravail.

Interrogé, Amazon Web Services souligne qu’il entretient des relations avec de nombreux fournisseurs de téléphonie dans le monde entier et qu’il a bien obtenu de l’Arcep une attribution directe de numéros pour se conformer à la nouvelle réglementation. De son côté, Google précise que « certains produits (comme Google Voice, Meet, Gmail) étaient déjà réglementés par le Code européen des communications électroniques ». Mais cette fois, les règles se sont durcies.