L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureLes comptes toujours plus catastrophiques de Skype
Le service a vu son chiffre d’affaires passer sous les 200 millions en 2022. Depuis son rachat par Microsoft, Skype a perdu trois quarts de ses revenus et 93% de son bénéfice.
Les années fastes semblent bien loin. Skype, le logiciel star racheté par Microsoft pour 8,5 milliards de dollars en 2011, n’a jamais été aussi mal en point. Les derniers chiffres, déposés au Luxembourg et consultés par l’Informé, parlent d’eux-mêmes. Le célèbre vecteur de communication a affiché un ...
Certes, l’entreprise a offert les appels gratuits vers l’Ukraine depuis le conflit avec la Russie l’an dernier, ce qui lui a coûté 7,5 millions de dollars. Mais la raison plus profonde est ailleurs, la société indiquant dans ses comptes une « baisse des volumes de prestations de service ». Traduction : le nombre de minutes de télécommunication achetées par des clients professionnels ou particuliers a chuté. Pour rappel, si Skype est gratuit pour passer des appels ou planifier des visioconférences entre des utilisateurs, il devient payant pour joindre un correspondant sur sa ligne fixe ou mobile.
À l’origine de cette dégringolade ? La violente concurrence, notamment, de son cousin Microsoft Teams, qui a repris son modèle et l’a lancé dans plusieurs pays. Devenu un outil incontournable de télétravail durant la crise du Covid-19, le nouveau venu a finalement éclipsé l’original. Il faut dire que Microsoft semble avoir fait son choix entre ses deux pépites : en juillet 2021, le géant américain a carrément poussé les clients professionnels de Skype for Business à basculer vers Teams désormais intégré dans la suite bureautique en ligne Office365 (Word, Excel, PowerPoint…). Satya Nadella, le PDG du groupe, a salué la performance de ce service plus récent lors de la dernière présentation des résultats, le 24 janvier, saluant « 280 millions d’utilisateurs actifs mensuels ce trimestre, signe d’un élan durable depuis la pandémie ». En revanche, pas un mot n’a été prononcé pour Skype dont les filiales européennes ont été fermées (France, au Royaume-Uni, en Suède…) ces dernières années pour concentrer toutes les décisions aux États-Unis.
Également concurrencé par l’essor de Zoom et plus encore de Google Meet, mais aussi le succès des applis de messagerie (WhatsApp, Facebook Messenger, Signal), le logiciel star des années 2000 n’est plus utilisé que par 14,6% des 16-64 ans dans l’Hexagone, selon les données de janvier de We are social avec Meltwater.
Contacté, Microsoft indique « ne pas partager le détail du chiffre d’affaires de Skype, qui est intégré dans les comptes sous l’ensemble Productivity and Business Processes ».