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Encore recapitalisée, Orange Bank a vu sa valorisation chuter de plus d’un milliard d’euros

La filiale de l’opérateur de télécommunications a été renflouée de 98 millions d’euros et sa valorisation a chuté de plus de 75 %. Sa clientèle doit être transférée vers BNP Paribas.

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ERIC PIERMONT / AFP

L’incursion dans le monde de la banque aura coûté cher à l’opérateur de télécommunications Orange. Depuis sa création, cette activité lancée en 2017 par l’ancien PDG Stéphane Richard a vu sa valeur s’effondrer de plus des trois quarts dans les comptes de la société. Elle est passée de 1,35 milliard d’euros à 333 millions d’euros en 2022 a constaté l’Informé à l’occasion d’une dépréciation de 348 millions d’euros. Des chiffres que l’opérateur n’a pas souhaité commenter. Avec deux millions de clients en France et en Espagne, la base d’utilisateurs tricolores d’Orange Bank est en passe d’être transférée vers BNP Paribas pour renforcer son service en ligne Hello bank. Des négociations exclusives dans le cadre d’un partenariat ont débuté en juin entre les deux groupes. En attendant leurs conclusions, la filiale a dû une nouvelle fois être renflouée à hauteur de 98 millions d’euros en juin dernier.

Confirmant cette dernière opération de recapitalisation, l’entreprise l’a justifiée ainsi auprès de l’Informé : « Jusqu’à son extinction mi-2025, Orange Bank devra respecter ses exigences de solvabilité. Il est donc nécessaire de recapitaliser régulièrement la banque pour des raisons de conformité. » Et d’ajouter que « cela est sans impact sur [ses] objectifs financiers ».

Il s’agit donc de la fin d’une aventure dont l’objectif était de fidéliser les abonnés mobiles, souvent volages, tout en leur proposant des services supplémentaires. Mais Christel Heydemann, la nouvelle directrice générale arrivée en janvier 2022, veut rompre avec cette politique de diversification impulsée par son prédécesseur. Après les cessions d’Orange Cinéma Séries et Orange Studio au groupe Canal+ annoncées en début d’année, la banque est la deuxième activité à faire les frais de ce recentrage.

Après plusieurs ratés au démarrage - problème de licence bancaire et de systèmes informatiques incompatibles, personnel non formé en boutique…- ce nouveau métier s’est enrichi de nouveaux services comme le crédit à la consommation pour permettre aux abonnés d’acquérir un nouveau smartphone. Plusieurs dirigeants se sont succédé à sa tête afin de tenter de redresser la barre. Mais rien n’y a fait.

Plus de 700 salariés sont aujourd’hui inquiets, dans l’attente de savoir comment ils vont être reclassés au sein de la maison mère lorsque l’opération avec BNP Paribas sera bouclée.