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Antoine Blondeau, figure de l’IA dans la Silicon Valley, lève 100 millions d’euros

Déjà à l’origine du logiciel Siri d’Apple et de Sentient Technologies outre-Atlantique, le spécialiste de l’intelligence artificielle boucle un second tour de table pour son fonds Alpha Intelligence Capital.

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sentient technologies ; antos777 / iStockphoto

C’est un des Français les plus connus de la Silicon Valley. Antoine Blondeau, un des parrains des applications d’intelligence artificielle à San Francisco, s’apprête, à nouveau, à faire parler de lui. Selon nos informations, l’investisseur vient de finaliser une levée de 100 millions de dollars pour son véhicule Alpha Intelligence Capital (AIC), entièrement consacré à l’IA. La somme permettra de lancer le deuxième fonds d’AIC, qui compte recueillir, à terme, 350 millions de dollars au total. « Il a été souscrit par des grandes familles industrielles européennes et des entreprises qui veulent observer les opportunités et menaces liées à l’intelligence artificielle, précise Antoine Blondeau. On compte aussi des investisseurs institutionnels. » Des fonds asiatiques ont notamment fait leur entrée, dont le taiwanais CDIB Capital, bras armé dans le private equity d’une des plus grandes institutions financières de l’île, China Development Financial.

Le CV de l’entrepreneur a de quoi convaincre. Co-fondateur de Sentient Technologies, il a dirigé Zi Corporation, aujourd’hui dans le giron de Microsoft,  qui a créé le logiciel de saisie de texte automatique installé sur des centaines de millions de téléphones. Il a aussi été à la tête de Dejima, à l’origine de Siri, l’assistant vocal d’Apple. En 2018, le Français a lancé un premier fonds, en levant 185 millions de dollars de capitaux. De quoi financer, en amorçage, une trentaine de sociétés spécialisées sur des produits d’intelligence artificielle. Alpha intelligence Capital a ainsi investi dans ReaQta, une plateforme de cybersécurité utilisant l’IA pour identifier et arrêter les menaces, cédée à IBM l’an dernier. Parmi les entreprises toujours dans son portefeuille, on compte notamment la société israélienne de cybersécurité Deep Instinct, dans laquelle BlackRock vient d’investir, ou AI Doc dont le système de radiologie augmentée, qui équipe des milliers d’hôpitaux aux Etats-Unis, permet d’accélérer les diagnostics médicaux.

Pour la suite, AIC II a déjà pris trois décisions d’investissement. Il vient d’entrer au capital de la start-up américaine Proscia, qui a conçu un logiciel d’amélioration des diagnostics de cancers par biopsie. Le fonds a aussi participé, aux côtés de KKR, à la levée de fonds d’Advanced Navigation, une société australienne spécialisée dans la « navigation inertielle », technique qui permet de calculer la position d’un véhicule sans recours à un système de type GPS. Il finalise par ailleurs une prise de participation dans une société américaine de gestion par intelligence artificielle des systèmes de batteries de voiture.  « Nous continuons à nous déployer de manière au niveau mondial, ajoute Antoine Blondeau désormais basé à Dubaï. Nous regardons les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite - où il y a une volonté forte de créer un écosystème puissant dans l’intelligence artificielle et d’y attirer les talents - et nous commençons aussi à voir des sociétés très intéressantes en Inde, ce qui n’était pas le cas il y a plusieurs années.  » Le premier fonds était investi pour 40 % aux Etats-Unis, 30 % en Europe, 20 % en Israël et 10 % en Asie.