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Continuer la lectureLes centres dentaires Nobel Santé Plus en quête d’un fonds d’investissement
Le phénomène se poursuit : selon nos informations, après ses concurrents Dentego, Dentylis ou encore Clinadent, l’enseigne cherche, à son tour, à s’allier à un financier.
Après les cliniques ou les laboratoires d’analyses, les centres dentaires, à leur tour, multiplient les recours à des fonds d’investissement. Dernier exemple en date ? Nobel Santé Plus, une enseigne essentiellement implantée en Ile-de-France, mais aussi à Bordeaux, Lyon, Marseille et Reims. Selon nos informations, cet ensemble discuterait d’une ouverture de son capital et les noms de LFPI Gestion ou Aldebaran sont cités. Leur objectif ? Financer plusieurs ouvertures dans les prochains mois pour se rapprocher d’un parc d’une trentaine de cabinets. De quoi dégager environ 70 millions d’euros de chiffre d’affaires en rythme de croisière. Actuellement, la chaine compte plus de 300 chirurgiens-dentistes entre une vingtaine de centres et propose des soins dentaires classiques (orthodontie, pose de prothèses…) ou esthétiques, ainsi que des radios. L’entreprise et ses fondateurs sont épaulés par Rothschild & Co dans les pourparlers. Aucun ne nous a répondu.
Deux fois plus de cabinets qu’en 2016
En cherchant à s’allier à des investisseurs, Nobel Santé Plus marche sur les traces de plusieurs de ses concurrents. Dentego, qui compte aujourd’hui plus de 80 cabinets, avait franchi le pas dès 2012 en s’alliant au fonds britannique G-Square - lequel a d’ailleurs tenté en vain de revendre sa participation l’an passé. En 2020, Dentylis s’est allié au français MBO & Co, tandis que Clinadent a fait affaire un an plus tard avec Qualium. Au même moment, des groupes de soins dentaires d’origine étrangère ont multiplié les incursions en France. Il y a quelques mois, le néerlandais European Dental Group, qui a lui-même pour actionnaire le puissant fonds scandinave Nordic Capital, a discrètement investi dans Medident, un réseau basé à Paris. Colosseum Dental Group, une entreprise appartenant à la famille Jacobs - l’une des plus riches de Suisse - a quant à elle jeté son dévolu sur Dentelia
La financiarisation du secteur va de pair avec une démultiplication du nombre de centres de dentaires. Selon des chiffres de l’institut d’études Xerfi, ils étaient environ 1 150 sur le territoire français en décembre 2021, deux fois plus qu’en 2016. Rien que l’an passé, presque 200 cabinets ont vu le jour. La tendance ne doit rien au hasard. La profession bénéficie d’un sérieux coup de pouce public, le « 100 % santé » : ce dispositif, mis en place le 1er janvier 2020, prévoit un remboursement total des patients pour certains soins. Les ouvertures de centres visent à répondre à l’appel d’air suscité à la réforme… Et pour nourrir cette expansion, certains acteurs du métier jugent opportun de trouver un partenaire financier.
Enjeux réputationnels
Pas question toutefois pour un investisseur de devenir directement actionnaire de cabinets. Les centres doivent prendre la forme d’associations régies par la loi 1901. En revanche, la réglementation ne les empêche pas de se regrouper sous l’enseigne d’une entité avec laquelle ils auront des liens de nature commerciale (et non capitalistique) sur le long terme. La structure en question leur fournit alors tous les services nécessaires à leur fonctionnement, des achats à la gestion des agendas des praticiens, en passant par la comptabilité, leur informatique ou encore les RH. C’est dans ce type d’entité que les fonds investissent.
Mais le marché des soins dentaires ne fait pas l’unanimité chez les financiers. Certains s’en détournent, échaudés par plusieurs affaires, à commencer par celle de Dentexia, une enseigne liquidée en 2016. Son fondateur est toujours visé par plus de 1 500 plaintes de patients mal soignés ou abandonnés en cours de traitement, notamment pour « pratique commerciale trompeuse », « blanchiment en bande organisée », « abus de confiance », « escroquerie en bande organisée ». Et le secteur ne pâtit pas uniquement de problèmes d’ordre réputationnel. Autre défi pour les cabinets, à l’heure où les ouvertures continuent de se multiplier : recruter des chirurgiens-dentistes, la profession faisant partie des métiers en tension.